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et celle du faubourg de ce nom, à l’endroit où le boulevard forme la séparationentre ces rues. Cet arc de triomphe fut élevé aux frais de la ville, en 1772, surles dessins de François Blondel , à l’occasion des conquêtes rapides que fai-saient alors les armées de Louis XIV . Ici Blondel a déployé toutes les ressourcesde son imagination pour donner à cette construction un grand caractère demagnificence ; il a été puissamment secondé par Michel et François Anguier , quiont éxécuté toutes les sculptures de cette porte avec un talent supérieur (I).
Du côté de la ville, la face de cet arc de triomphe présente deux formes quiparticipent de l’obélisque et de la pyramide ; elles sont engagées dans le mur,et, pour amortissement, ont un globe chargé de trois fleurs de lis et d’une cou-ronne. Ces obélisques sont décorés de trophées d’armes antiques d’un très-beau style. Au pied de chacun de ces obélisques est une figure assise, colossale,dont l’une représente les sept Provinces-Unies , sous la figure d’une femme con-sternée ; l’autre le fleuve du Rhin , figuré par un homme vigoureux s’appuyantsur un gouvernail et tenant une corde d’abondance. Ces deux figures, d’unegrande beauté, ont été faites sur les dessins de Lebrun. Au-dessus de l’arcadeest une table renfoncée, qui présente un bas-relief spacieux, où l'on voitLouis XIV à cheval, vêtu en guerrier, dans l’attitude du commandement. Surla frise, on lit cette inscription dédicatoire : Ludovico Magno. Du côté du fau-bourg, la décoration est pareille, avec cette différence que le bas relief placéau-dessus de l’arc a pour sujet la prise de Maëstricht , et qu’au lieu de figureshumaines au bas des obélisques on a placé des lions. En. 1817, le gouvernementordonna la restauration de ce monument, et elle fut confiée aux soins du sieurCellerier.
porte ou arc de trxompiie de saint-Martin, situé sur le boulevard de cenom, à l’endroit où ce boulevard sépare la rue Saint-Martin de celle du fau-bourg. Cet arc fut construit en 1674, sur les dessins de Pierre Bullet , élève deFrançois Blondel (2). Les pieds-droits qui, aux extrémités, s’élèvent jusqu’à l’en-tablement, et ceux qui supportent l’arcade du milieu, ainsi que le bandeau decette arcade, sont travaillés en bossages vermiculés. Au-dessus est un entable-ment à grandes consoles; le tout est surmonté par un attique chargé d’uneinscription latine. Dans les deux espaces qui se trouvent entre les pieds-droits,le bandeau de la grande arcade et l’entablement, sont deux bas-reliefs relatifsaux conquêtes de Louis XIV . Dans un de ces bas-relief, du côté de la ville, onvoit ce monarque assis sur son trône, ayant à ses pieds la figure allégoriqued’une nation à genoux, qui lui tend les bras, et lui présente un rouleau con-tenant le traité de la triple alliance. L’autre bas-relief représente le même roisous les traits d’Hercule : la Victoire, descendue du ciel, tenant des palmes d’une
(1) Ce monument a 72 pieds de largeur et autant d’élévation, de sorte que l’ensemble d’une faceforme un carré parfait. L’ouverture de la grande arcade a 25 pieds; la hauteur de l’arcade, depuis lesol jusqu’à la clef du cintre, est de k2 pieds 10 pouces; aux deux côtés sont pour les piétons deuxportes qui n’ont que 6 pieds 8 pouces de hauteur.
(2) Ce monument a 18 métrés de large et 18 mètres d’élévation ; chacune de ses faces présente uncarré parfait. Cette construction est percée par trois arcades ; celle du milieu a 8 mètres 60 centim. delargeur .et 8 mètres 60 centim. d’élévation ; les arcades latérales ont chacune k mètres 30 centim. delargeur et 5 mètres 20 centim. de hauteur.