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veurs de Paris existait depuis longtemps comme la plupart des autres corps demétiers ou professions. Cette communauté obtint, en 1704, la chapelle deSaint-Sympliorien dont j’ai parlé : elle la lit réparer et embellir; et, autoriséepar lettres-patentes du 17 novembre 1703, elle établit dans une partie de celtechapelle une école de dessin. 11 est présumable que celte école reçut alors le titred’Académie , qu’elle a constamment porté depuis. Elle avait des concours, desprix et des expositions qu’elle faisait en divers lieux. Cette société, de laquelle iln’est sorti que très-peu d’ouvrages dignes d’être cités, se maintint jusque vers l’an1776. Alors les élèves de l’école Saint-Luc se réunirent à ceux de l’académieroyale qui, pour les recevoir, fit disposer une seconde salle au Louvre consacréeà l’étude du modèle.
académie des INSCRIPTIONS et BELLES-LETTRES , dont les séances se tin-rent d’abord dans la bibliothèque de Colbert , puis au Louvre , enfin aujourd’huiau palais de l’Institut. Colbert , voulant flatter le goût de Louis XIV pour les bâti-ments et les louanges, réunit chez lui pour la première fois, le 3 février 1663,quatre hommes de lettres: Chapelain, Charles Perrault , l’abbé de Bourseix etl’abbé de Cassagne. 11 leur dit qu’il les avait fait appeler pour les consulter surdes matières de goût et d’érudition ; qu’il désirait qu’ils formassent un petit con-seil qui pût se réunir deux fois la semaine, le mardi et le vendredi. Le lieu desséances était celui de la Bibliothèque de ce ministre, rue Vivienne. Cette acadé-mie naissante, dite petite Académie, était chargée de composer les sujets et leslégendes des médailles, les sujets et les inscriptions des tapisseries qui devaientêtre exécutées à la manufacture des Gobelins, les sujets et. devises des jetons,et des inscriptions pour les bâtiments. Elle était aussi chargée de revoir et corri-ger les ouvrages en vers ou en prose, composés à la louange du roi, pour lesmettre en état d’être livrés à l’imprimerie du Louvre. Colbert présenta les quatreacadémiciens au roi qui, content de l’emploi qu’il faisaient de leurs talents, leurdit : « Vous pouvez, messieurs, juger de l’estime que je fais de vous, puisque je» vous confie la chose du monde qui m’est la plus précieuse, qui est ma gloire ;* je suis sûr que vous ferez des merveilles ; je tâcherai de ma part de vous four-» nir de la matière qui mérite d’être mise en œuvre par des gens aussi habiles» que vous êtes. »
Le petit Conseil ou la petite Académie continuait à servir les intérêts de Colbert et l’orgueil du roi. Ce ministre étant mort en 1683, et Louvois lui ayant succédédans la place de surintendant des bâtiments, l’académie, composée alors de Char pentier , l’abbé Tallemant, Quinault et Charles Perrault , lui adressa un mémoirepour faire valoir ses services, et savoir s’il voulait les agréer. Après avoir faitparvenir leur mémoire, ils se présentèrent au ministre qui les accueillit, leur pro-mit protection ; mais il ne voulut point reconnaître Perrault , qui fut exclu.
Ces membres n’étaient que les agents du ministre; et l’académie n’avaitpoint encore d’existence légale : le roi la nommait la Petite Académie , et lesacadémiciens qualifiaient leur société A’Académie des Inscriptions et des Médailles.Mais bientôt elle prit de la consistance, et se composa d’un plus grand nom-bre de sociétaires. Au mois de juillet 1701, elle fut organisée d’une manière sta-ble; onia soumit à un réglement qui lui donne le titre à’Académie royale des