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HISTOIRE DE PARIS
Inscriptions et des Médailles, et qui fixe le nombre des académiciens à quarante,dont dix honoraires, dix pensionnaires, dix associés et dix élèves. Le lieu deses séances, dès l’an 1699, fut assigné dans un des appartements du Louvre.En 1713, des lettres patentes confirmèrent les privilèges et réglements de cetteacadémie et de celle des sciences. Dans la suite, quelques parties du réglementfurent modifiées. Le 4 janvier 1716 un arrêt du conseil d’Etat donne à cette so-ciété le titre plus relevé à’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres . Laclasse des élèves fut supprimée, et celle des associés augmentée de dix membres.Lorsqu’au 3 brumaire an vi (25 octobre 1795) on organisa l’Institut de France ,cette académie forma la troisième classe, eu classe des sciences morales et politi-ques. Depuis 1814, elle a repris son vieux nom à’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres .
académie des sciexces. Elle tint d’abord ses séances dans la Bibliothèque duroi, puis au Louvre, enfin dans le palais de l’Institut. Après avoir établi l’acadé mie des inscriptions , Colbert s’occupa du projet de fonder une académie des sciences . Il se fit donner un mémoire de tous les gens de lettres qui s’assemblaientalors chez M. de Montmort, conseiller d’Etat, ainsi que de tous les savants répan-dus dans le royaume et même dans les pays étrangers.
Cette académie devait s’exercer sur cinq sciences principales : les mathémati-ques, l'astronomie, la botanique, la chimie , et Vanatomie. Une chose digne de re-marque, c’est que le gouvernement crut nécessaire d'ordonner aux astronomesde ne point s’appliquer à Vastrologie judiciaire, et aux chimistes de ne pointchercher la pierre philosophale. Cette académie tint ses premières séances en1666, dans une salle basse de la Bibliothèque du roi, où l’on construisit un labo-ratoire pour les chimistes; et dans le même temps, pour les astronomes, on fitbâtir ailleurs l’Observatoire dont j’ai parlé. Jusqu’en 1699, cette académie existaen vertu d’autorisation du roi; ce ne fut qu’en cette année qu’elle reçut uneforme stable, un réglement, une existence légale, et un appartement au Louvre.Tous ces avantages furent confirmés par lettres-patentes de février 1713. Leroi,par les conseils de Colbert , pensionna, à l’époque de la fondation des académiesdes sciences et des inscriptions, tous les membres qui y étaient admis, et plu-sieurs savants nationaux. Il poussa ses largesses jusqu’à donner des pensions àdes savants étrangers.
Elles leur parvenaient par le moyen de lettres de change. « A l’égard de» celles qui se distribuaient à Paris , dit Perrault , elles se portèrent, la pre-» mière année, chez tous les gratifiés, par le commis du trésorier des bâti-» ments, dans des bourses de soie et d'or, les plus propres du monde ; la seconde» année, dans des bourses de cuir. Comme toutes choses ne peuvent demeurer» au même état, et vont naturellement en dépérissant, les années suivantes il» fallut aller recevoir soi-même les pensions chez le trésorier, en monnaie ordi-» naire. Les années eurent bientôt quinze, seize mois; et, quand on déclara la» guerre à l’Espagne , une grande partie de ces gratifications s’amortirent. Il ne» resta plus que les pensions des académiciens de la petite académie et de l’aca-» démie des sciences. »
L’académie des sciences , qui a contribué si puissamment aux progrès des