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connaissances humaines, lorsqu’au 3 brumaire an iv on organisa l’institut de France , fut mise à la première classe, sous le titre de Sciences physiques et mathé-matiques; et, malgré quelques changements survenus depuis, elle a conservé cerang.
académie d’architecture. Elle fut projetée en 1671 par Colbert , et semaintint avec une simple autorisation jusqu’au mois de février 1717, époque oùelle reçut un état légal. Elle eut, comme l’Académie de sculpture et de peinture,ses écoles, ses prix et ses pensionnaires à Rome ; comme elle, par la loi du 3 bru-maire an iv, elle fit partie, d’abord de la troisième classe, puis, en 1803, de laquatrième classe de l’Institut.
autres académies. Il fut établi sous ce règne plusieurs autres institutionsqui prirent le nom d ’Académies. Depuis longtemps il existait des tripots,appelés Académies de jeux. Une école d’équitation et d’escrime fut fondée, pen-dant le règne de Louis XIII , sous le nom tï Académie royale pour la noblesse.J’en ai parlé. Au mois de mars 1661, Louis XIV fonda une Académie royale dedanse (1), dans l’intention de perfectionner cet art et d’en corriger les abus. Ceroi, par lettres patentes de juin 1671, érigea l’Opéra en Académie royale demusique.
bibliothèque du roi, située rue de Richelieu, n° 58. Cette bibliothèqueéprouva les vicissitudes du sort ( hàbent sua fata libelli), et n’obtint une consistancehonorable, un haut degré d’utilité, que sous le règne de Louis XIV .
Le roi Jean avait une bibliothèque peu nombreuse; elle se composait dehuit à dix volumes ; je citerai la traduction de la Moralité des Échecs, un Dialoguesur les substances, la traduction de Trois Décades de Tile-Live, des fragmentsd’une version de la Rible, un volume des Guerres de la Terre-Sainte, et trois ouquatre livres de dévotion. — Charles V , son successeur, qui aimait la lecture etqui fit faire plusieurs traductions, porta sa collection jusqu’à neuf cent dixvolumes; ils étaient placés dans une tour du Louvre, appelée la Tour de laLibrairie. Gilles Mallet, valet de chambre, puis maître d’hôtel du roi, eut la gardede ces livres, et en composa, en 1373, un inventaire encore conservé à la biblio-thèque royale ; ils consistaient en livres d’église, de prières, de miracles, de viesde saints, et surtout en traités d’astrologie, de géomancie et de chiromancie, etautres productions des erreurs du temps. — Après la mort de Charles V , cettecollection de livres fut en partie dispersée et enlevée par des princes ou officiersde la cour. Deux cents volumes du premier inventaire manquèrent ; mais commele roi recevait de temps en temps quelques présents de livres qui réparaient unpeu les pertes, la bibliothèque se trouva encore composée, en 1423, d’environ
(1) Les maîtres de danse étaient ordinairement maîtres de violon. Ces maîtres, nombreux à la couret à, la ville, formaient une corporation composée de dôme anciens maîtres, de ceux de la grandebande, et d’un chef qui portait le titre de roi des violons. Des lettres-patentes du mois d’octobre 1658,enregistrées le 22 août 1669, accordent à Guillaume Dumanoir, violon ordinaire du cabinet deLouis XIV , l’office de roi des violons, de maître à danser et joueur d’instruments, et approuvent lesstatuts et réglements faits par ledit roi et ses prédécesseurs, « concernant, y est-il dit, l’exercice dudit» office de roi des violons, maîtres à danser et ez-dites sciences et maîtrises de violons, joueurs des» instruments tant haut que bas, etc., » ( Registres manuscrits du parlement, au 22 août 1659.) Letitre de roi des violons fut supprimé par édit de mars 1775; le dernier de ces rois était Jean ( Jean- Pierre Guignon , do Turin ). On fait remonter cette royauté à l’an 1331.
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