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SOUS LOUIS XIV .leur accorda l’hôtel du Petit-Bourbon dont je viens de parler, où, le 3 novembresuivant, ils débutèrent par VEtourdi et le Dépit amoureux. En 1660, l’hôtel duPetit-Bourbon devant être démoli, la troupe de Molière fut placée au théâtre duPalais-Royal.
théâtre DU PALAis-ROYAE. Le théâtre public du Pa'ais-Royal fut, en 1660,accordé par Louis XIV à Molière et à sa troupe, qui y débutèrent le 5 novembrede cette même année. Après ce bienfait, le roi gratifia Molière d’une pension desix mille livres, et voulut qu’il fût le chef de sa troupe. Molière remontra au roiqu’il aimait mieux être l’ami de ses camarades que de risquer, en devenant leursupérieur, de les avoir pour ennemis. La pension fut donnée à la troupe entière,«lui reçut le titre de troupe royale.
Ce théâtre, déjà illustré par les productions immortelles des Corneille , desRacine, des Molière , et même par les talents alors extraordinaires des acteursMonttleuri, Lenoir, de la Torillière, la Tuillerie, Baron, etc., se soutint avec unéclat toujours croissant jusqu'à la mort de Molière , arrivée le 17 février 1673.Après la mort de Molière , ce théâtre fut destiné au spectacle appelé Opéra, dontje parlerai bientôt.
théâtre de l'iiotel de guénégaud. La troupe royale, par cette mort et parla nouvelle destination du théâtre du Palais Royal, fut affligée, déconcertée, etréduite à chercher, dans différents quartiers de Paris , un lieu convenable à sonspectacle. On voit qu’en novembre de la même année 1673 elle jouait dans unlocal de la rue Mazarine, et sans doute dans le jeu de paume du Bel-Air, où l’opéraavait pris naissance. Bientôt après, la troupe royale éleva un théâtre dans le voi-sinage , rue Guénégaud, dans l’hôtel de ce nom, et y débuta par la tragédie dePhèdre et par le Médecin malgré lui.
Lorsqu’en 1674 on s’occupa de l’agrégation du collège de Mazarin aux collègesde l’Université, les docteurs de Sorbonne exigèrent, comme condition préli-minaire, que le théâtre de la rue Guénégaud fût transféré ailleurs. Malgré lesplaintes du clergé la troupe royale se maintint dans l’hôtel de Guénégaud ; etle roi, par ses lettres du 22 octobre 1680, réunit à cette troupe les comédiensfrançais de l’hôtel de Bourgogne. L’année suivante, un réglement fixa le sort deces acteurs.
La troupe, par cette réunion, devenue nombreuse, chercha un emplacementplus spacieux que celui de l’hôtel Guénégaud : le roi, par arrêt de sou conseilen 1688, autorisa les comédiens français à s’établir dans le jeu de paume deVÉtoile, rue des Fossés-Saint-Germain. Ils y firent construire une salle sur lesdessins de François d’Orbay , ainsi qu’une maison contiguë, dont ils avaient aussiacquis l’emplacement. Cette troupe, sous le titre de comédiens ordinaires du roi,resta dans cette salle jusqu’au temps de Pâques 1770, époque où l’insuffisance etle peu de solidité de son bâtiment l’obligèrent à quitter ce lieu pour aller jouersur le théâtre du palais des Tuileries , en attendant qu’une salle nouvelle leurfût construite.
Paris vit, pendant ce règne, se former plusieurs troupes de comédiens, tellesque celle de mademoiselle de Montpensier, qui, en 1661, vint s’établir rue desÜuatre-Vents, faubourg Saint-Germain, et qui, après y avoir joué pendant quel-