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ques mois, fut obligée d’all< r amuser la province. Une (roupe de comédiens espa-gnols, amenée par Marie-Thérèse d’Autriche, jouait concurremment avec lesIlaliens sur le théâtre de l’hôtel de Bourgogne, et n’y faisait pas fortune; cettetroupe fut obligée, en 1672, de retourner en Espagne .
En 1662, le roi accorda au sieur Raisin , organiste à Troyes , la permission dejouer la comédie à la foire Saint-Germain, et de prendre le titre de troupe duDauphin. Raisin étant mort en 1664, sa veuve maintint son spectacle, et Baron lit partie de ses acteurs. Mais Molière ayant obtenu un ordre du roi qui obligeaitBaron à se réunir à la troupe royale, celle de la Raisin tomba en décadence.
THÉATKE des MACHINES, situé au château des Tuileries . Louis XIV , voulantremplacer le théâtre du Petit-Bourbon, qu’on venait de démolir pour élever lafaçade du Louvre, décida que dans la partie septentrionale du château des Tuile ries serait construite une salle de spectacle destinée aux représentations des balletset des comédies. En 1662, Vigaranie, machiniste du roi, fut chargé de faire exé-cuter sur ses dessins une salle qui servit peu à l’usage auquel on l'avait consacrée.Louis XIV avait alors renoncé à danser dans des ballets.
Sous le règne de Louis XV , cette salle fut mise à la disposition de Jean Ser-vandoni, le plus ingénieux décorateur, le plus habile architecte de son temps.
Il y donna, vers Tan 1730, des spectacles de décorations et de pantomimes. LaDescente d’Énée aux Enfers, la Forêt enchantée , tirée du Tasse, la représenta-tion de Saint-Pierre de Home , les Travaux d’Uh/sse , etc., furent les scènes qu’iloffrit aux yeux des Parisiens étonnés. En 1770, les comédiens français jouèrentsur le théâtre des Tuileries pendant l’espace de douze ans, comme je le dirai dansla suite.
opéra ou académie royale de MCSiQEE. Ce fastueux spectacle a souventchangé de place. La reine Anne d’Autriche aimait passionnément les spectacles :même pendant le deuil du roi son époux, elle y assistait, cachée derrière une deses dames. Mazarin , qui commençait sa fortune, sentant le besoin de flatter lesgoûts de cette princesse, fit venir, en 1645, à grands frais, d’Italie , une troupede musiciens de cette nation qui donna, pendant quelques années, ses représen-tations sur le théâtre du Petit-Bourbon.
Les troubles de la Fronde firent cesser les opéras et disparaître les chanteursitaliens; mais le goût de ces spectacles était resté. L’abbé Pierre Perrin , les maî-tres de la musique de la reine, Lambert et Cambert , conçurent le projet dedonner des opéras français : ils hasardèrent la représentation d’une pastorale,qui, en 1659, fut jouée à Issy : le roi y assista, et la pièce obtint son suffrage. Cespectacle fut suspendu à la mort de Mazarin ; mais, après un intervalle de quel-ques années, il reparut avec plus de succès.
L’abbé Perrin parvint à obtenir, en juin 1669, le privilège d’établir des opérasà Paris et dans les autres villes du royaume. Les trois entrepreneurs, manquantde machiniste, s’étaient associé le marquis de Sourdeac, renommé par quel-ques connaissances en ce genre. Comme ce marquis avait fait plusieurs avancesde fonds, il s’empara, pour ce récupérer, de toute la recette produite par unopéra. Le musicien Jean-Baptiste Lulli , surintendant de la musique de la cham-bre du roi, profita de cette altercation pour solliciter le privilège accordé à l’abbé