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Perrin. Il réussit; et Louis XIV , par des lettres patentes du mois de mars 1672 ,permit à ce musicien » d’établir, y est-il dit, une Académie royale de Musique
• dans notre bonne ville de Paris . pour y faire des représentations devant
» nous, quand il nous plaira, des pièces de musique qui seront composées tant» en vers françois qu’autres langues étrangères..., pour en jouir sa vieduranle...;
» et, pour le dédommager des grands frais qu’il conviendra faire pour lesdites» représentations, tant à cause des théâtres, machines, décorations, habits,
» qu’autres choses nécessaires, nous lui permettons de donner au public toutes» les pièces qu’il auia composées, même celles qui auront été représentées devant> nous... , faisant très-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes, de» quelque qualité et condition qu’elles soient, même aux officiers de notre inai-» son, d’y entrer sans payer comme aussi de faire chanter aucune pièce entière» en musique, soit en vers françois ou autres langues, sans la permission par
* écrit du sieur Lulli, à peine de dix mille livres d’amende et confiscation des» théâtres, machines, décorations, habits et autres choses... ; et, d’autant que» nous l’érigeons sur le pied de celles des académies d’Italie où les gentilhonnnes» chantent publiquement en musique sans déroger, voulons et nous plaist que tous» gentil hommes et damoiselles puissent chanter auxdiles pièces et représentations» de notre dite Académie royale , sans que, pour ce, ils soient censés déroger audit» titre de noblesse et à leurs privilèges, n Par ces lettres, le roi révoque et annulele privilège qu’il avait accordé au sieur Perrin. Lulli établit d’abord son théâtre aujeu de paume du Bel-Air, près de la nie de Guénégaud, et en fit l’ouverture parles Fêtes de l’Amour et de Bacchus, spectacle où l’on vit danser plusieurs seigneursde la cour.
Après la mort de Molière , arrivée le 17 fév.ier 1673, le roi donna le théâtre duPalais-Royal, qu’occupait la troupe de ce célèbre comique, à Y Académie royale deMusique; elle y est restée longtemps. La salle de ce spectale, brûlée le 6 avril 1763,fut reconstruite et ouverte au public le 26 janvier 1770. Brûlée une seconde foisle 8 juin 1781, elle fut reconstruite ailleurs.
Les fossés, les murailles, les tours de Paris étaient, au commencement durègne de Louis XIV , dans un état de dégradation qui les rendait inutiles. En1646 on commença par démolir les murailles et combler les fossés du côté del’Université; mais les événements politiques suspendirent ces travaux. Au mois demai 1659, le roi vendit les terres vagues de l’ancien fossé de la porte de Nesle ,et on éleva sur cet emplacement, en 1661, le collège Mazarin , aujourd’hui Palais de l’Institut .
BOULEVARDS ET ACCROISSEMENT DE L’ENCEINTE SEPTENTRIONALE. Dans lespremiers mois de l’année 1670, on travailla au grand mur du rempart de la porteSaint-Antoine, et l’on entreprit de planter d’arbres le boulevard qui s’étenddepuis la porte Saint-Antoine jusqu’à la rue des Filles-du-Calvaire. Ce boulevard,qu’on nommait le Cours, fut revêtu de murs dans toute sa longueur qui est desix cents toises. Par arrêt du 7 juin 1670, la continuation du boulevard fut