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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

« danseurs du royaume figurèrent le concierge et les locataires de la cour dest Miracles, par une sérénade et par des postures si plaisantes, que tous les« spectateurs avouèrent que dans le ballet il ny avait point de plus facétieuse« entrée. »

Le nombre de ces vagabonds, de ces habitants de la cour des Miracles sétantfort accru, et sélevant, suivant quelques exagérateurs, à quarante mille, onpensa sérieusement à sen débarrasser, en fondant, en 1656, T Hôpital général , tous les mendiants furent renfermés Ceux quon nommait bons pauvres syrendirent sans difficulté ; les arcliers y conduisirent par force plusieurs autres ;et les voleurs et les filous sortirent de Paris ; mais ils y avaient laissé de nombreuxélèves, et ne tardèrent pas eux-mêmes à y revenir. En 1660, on vit que leremède avait peu profité, que les vols, les assassinats, reprenaient leur coursaccoutumé, et que les moyens de répression contre les mendiants et vagabondsétaient aussi insuffisants que ceux quon employait contre les pages et laquais.La ville était désolée par la même race de vagabonds et de voleurs; aussi, leparlement ordonna- t-il, en 1662, t que tous soldats qui ne sont sous charge de« capitaine, tous vagabonds portant épée, tous mendiants non natifs de cette ville,« se retireront aux lieux de leur naissance, à peine du fouet et de la fleur de lis« contre les valides, des galères contre les estropiés, et, contre les femmes, du« fouet, et dêtre rasées publiquement, etc. » Cétaient certainement des hommesde cette classe qui assassinèrent, en 1661, le sieur de La Faurière, conseiller auparlement, et qui, en 1663, enlevaient dans Paris les hommes, les femmes, lesenfants des deux sexes ; les tenaient en charte privée, pour les vendre et les en-voyer, disait-on, en Amérique ; enlèvements qui portèrent plusieurs habitants deParis à se tenir sur leurs gardes, et le parlement à ordonner des informationscontre les ravisseurs. Cet état de choses ne fut amélioré quen 1667, époque leroi supprima loffice de lieutenant civil du prévôt de Paris , qui réunissait la justiceet la police, et à sa place créa deux offices distincts : lun de lieutenant civil duprévôt de Paris , et lautre de lieutenant du prévôt de Paris pour la police. Cettedernière fonction fut confiée au sieur de La Reinie. Ce magistrat établit une sur-veillance beaucoup plus active quauparavant. On lui doit une organisation régu-lière de l'espionnage ; et, ce qui vaut mieux , on lui doit les lanternes.

les lanternes. Avant ce magistrat, les rues de Paris , pendant la nuit, res-taient privées de lumières. Dans certaines circonstances le danger était im-minent, les vols étaient fréquents, on ordonnait, à chaque propriétaire demaison, de placer, après neuf heures du soir, pour être préservé des attaquesdes mauvais garçons, sous la fenêtre du premier étage, une lanterne garnie dunechandelle allumée ; de plus, chaque compagnie ou chaque personne qui, pen-dant la nuit, parcourait les rues de Paris , était en usage de porter sa lanterne.Une des premières opérations du lieutenant de police La Reinie , fut létablisse-ment fixe des lanternes dans les rues de Paris . On en plaça dabord une àchaque extrémité de rue, et une autre au milieu. Cet ordre fut observé, exceptédans les rues dune grande longueur. Ces lanternes nétaient garnies que dechandelles. La Reinie procura aux Parisiens une sécurité jusqualors inconnue;la ville fut éclairée pendant la nuit, les laquais et les pages furent désarmés,