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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

plaisirs : cétait un homme aimable, insouciant et voluptueux. Quoique arche-vêque de Paris et cardinal, ses mœurs étaient fort peu exemplaires.

Si lon en excepte quelques membres du parlement, qui paraissent avoir agidans des vues conformes à lintérêt public, les principaux personnages qui ontfiguré dans les troubles de la minorité de Louis XIV sont des hommes sansvertus, sans patriotisme, et dont lintérêt personnel était le principal mobile.Par le! patronage féodal dalors, chaque seigneur ou gentilhomme appartenaitou se donnait à un patron, le servait tant quil y trouvait son profit ou quil enespérait des récompenses, et le quittait pour en reprendre un autre. Ces sei-gneurs avaient des patrons et navaient point de patrie. Cest pourquoi on voit,sous la minorité de Louis XIV , comme on avait vu sous celle de Louis XIII , lamoitié des nobles prendre parti pour la cour, et lautre moitié contre elle.Ils agissaient ainsi, non en vertu des anciennes lois du vasselage féodal, tom-bées en désuétude, mais par un reste dhabitude quavaient laissé ces lois. Lecomte de Tavanes se range sous les bannières du prince de Condé, non parcequil était son vassal, mais parce quil sétait donné à lui. Il quitte par mécon-tentement le service de ce prince, et se range dans le parti du roi. Personne nelui reprocha sa félonie comme on laurait fait aux douzième et treizième siècles;personne ne laccusa de révolte, comme on laurait fait vingt ans après. Leparti de la cour, qui nétait pas touje-.irs le plus fort, désarmait ses adversairesen leur offrant une amnistie. La tache de rébellion était alors considéréecomme entièrement effacée.

Lorsque, après la mort de Mazarin , Louis XIV entreprit de gouverner parlui-même; lorsque Louvois eut mis un ordre, une discipline jusqualors incon-nue dans les armées ; lorsque, par des institutions toutes nouvelles, Colbert eutfavorisé les développements de lindustrie, du commerce, plusieurs barrièresde la routine renversées laissèrent une voie plus large à la marche des connais-sances humaines et au mouvement de la civilisation. Il resta encore dans lesdiverses administrations et dans les esprits beaucoup de vices, beaucoup dedésordres; le changement ne fut pas brusque, mais il sopéra très-sensible-ment; et, depuis la minorité de Louis XIV jusquà la fin de son règne, lamé-lioration fut très-évidente.

Ladministration de la justice offrait cependant encore une foule dabus. Ilaurait fallu tout refaire ; on se borna à réparer. Vaffaire des poisons est un épi-sode qui caractérise fortement les mœurs du règne de Louis XIV . Je vais endonner un aperçu. Sur cette scène de crimes, on voit figurer dabord Marie-Marguerite dAubrai, femme dAntoine Gobelin, marquis de Brinvilliers . Unofficier gascon, son amant, lavait rendue habile dans lart des Locustes. Elleempoisonna sa sœur, ses frères, son père, etc. Elle était dévote et fréquentait leshôpitaux; on dit quelle y essayait ses poisons sur les malades. Le 16 juillet1676, elle fut condamnée à mort, décapitée et brûlée.

Lexemple dune marquise condamnée au dernier supplice profita peu. Lesempoisonnements et les pratiques magiques auxquelles on les associait, serenouvelèrent peu dannées après, et répandirent lépouvante dans un grandnombre de familles; chaque jour on voyait tomber de nouvelles victimes de