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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE l'ARIS

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ques, qui, généralement adoptées, déshonoraient le christianisme. Lesprit hu-main conquérait cette liberté et cette indépendance sans lesquelles les socié-tés ne peuvent suivre la voie du progrès.

PARIS SOUS LOUIS XV .

CARACTÈRE DE CE RÈGNE.

Le 1 er septembre 1715, Louis XV , âgé de cinq ans, monta sur le trône deLouis XIV , qui avait, par son testament, prescrit un conseil de régence quePhilippe duc dOrléans , son neveu, devait seulement présider. Les dernièresvolontés de ce roi, comme autrefois celles de Louis XIII , furent méprisées.Le duc dOrléans, le 2 septembre, vint au parlement se faire déclarer régent;et, le 12 du même mois, il y fit tenir un lit de justice le roi, enfant decinq ans, confirma la régence à ce prince. Le duc, afin de récompenser le par-lement de sa complaisance pour lui, restitua à cette compagnie un droit dontelle était privée depuis quarante-deux ans : celui de faire des remontrancesavant lenregistrement des lettres patentes, édits et déclarations.

Les événements de la régence se réduisent à peu près à des intrigues de cour,à un commencement de conspiration ourdie par des prêtres et des nobles, à desscènes de libertinage, et au système de Law, cause immédiate de la banque-route du gouvernement. Louis XIV avait laissé les finances dans létat le plusdéplorable : la dette publique sélevait à deux milliards soixante-deux mil -lions (1).

Le régent, dans cette situation, eut recours aux ressources déjà employéespar les rois précédents. Le 12 mars 1716, il créa une chambre chargée de pour-suivre les financiers de lÉtat et de les condamner à des restitutions arbitraires.Plusieurs de ces sangsues de la fortune publique subirent leur peine et payèrentdes sommes considérables ; dautres y échappèrent, en achetant la protection dequelques puissants de la cour. Le régent nobtint par ce moyen que de faiblesrésultats. Un écossais, nommé Law, vint alors proposer létablissement dunebanque générale chacun serait libre de porter son argent et de recevoir, enéchange, des billets payables à vue. Cette banque offrait pour hypothèque lecommerce du Mississipi, du Sénégal et des Indes orientales. Le régent adoptasans balancer ce projet qui nétait, dit-on, quun piège que le gouvernement an­ glais tendait à la France pour la ruiner, en lui enlevant son numéraire et ne luilaissant que du papier. Par édit des 2 et 10 mai 1716, la banque fut établie, rueVivienne, dans une partie du bâtiment de lancien palais Mazarin en 1724 onplaça la bourse, qui depuis fut dépendante de lhôtel du Trésor. Cette banquecommença par émettre quarante millions dactions. Alléchés par ses produitsconsidérables, tous ceux qui possédaient de largent sempressaient de léchan-ger contre des billets. La rue Quincampoix fut dabord le lieu se faisaient

( 1 ) Le marc dargent valait sous Louis XIV , 28 francs ; il a presque doublé aujourd'hui.