SOUS IOUIS XV.
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ORIGINE ET PROGRÈS DES CONVULSIONS; AFFAIRE DES liILLETS DE CONFESSION,"ASSASSINAT DE LOUIS XV ; EXPULSION DES JÉSUITES .
Le fils d’un conseiller au parlement, François Paris , fut le premier auteurde celte monomanie qui signala un moment le règne de Louis XV , sous le nomde convulsionnaires. Il commença par se faire diacre, mais, par humilité, il nevoulut jamais arriver à la prêtrise, et bientôt il se retira dans une maison dufaubourg Saint-Marcel. Là, livré à la pénitence et à des actes de charité, il sou-lageait les pauvres et les instruisait. Cet homme simple, paisible et bienfaisant,mourut le 1 er mai 1727. Sa mémoire, vénérée, n’aurait guère franchi les bornesde l’humble quartier où il s’était retiré, quand, par l'effet des circonstances,son nom obtint après sa mort une célébrité dont il n'avait point joui pendantsa vie. Il mourut dans le temps où les jansénistes, appelant de la bulle Unige-nitus, gémissaient sous la plus rigoureuse oppression.
La mémoire du diacre Paris était chère à ces hommes persécutés : il avaitpartagé leurs opinions et leurs maux; il s’était distingué par des vertus mo-destes et utiles; ils l’honorèrent comme un saint. Sa tombe, placée dans le pe-tit cimetière de l’église Saint-Médard , visitée par quelques personnes qui l’a-vaient connu et admiré, devint le but de leurs prières. Du nombre de ces zélésadmirateurs, se trouvaient quelques jeunes tilles, qui éprouvèrent des convul-sions en priant Dieu sur cette tombe : bientôt ces convulsions devinrent conta-gieuses. Les zélés du parti, par conviction ou par fraude, crurent ou firent croireque cet effet, tout naturel, émanait de la puissance divine, était un miracle. Maisbientôt des hommes spéculèrent sur les convulsions, et voulurent s’en faireune arme contre leurs persécuteurs. Une société de convulsionnaires s’établit,se donna une organisation, des chefs, des employés subalternes, des régle-ments, et elle eut, comme toutes les sectes, ses schismatiques, ses fidèlescroyants, son charlatanisme et ses martyrs.
Un prêtre du diocèse de Troves, Pierre Vaillant, condamné en 1728 à êtrebanni du royaume, parvint à se soustraire à cette peine, et s’immisça parmi lesconvulsionnaires de Saint-Médard. L’intérêt, qu’inspirait son titre de persécutélui valut celui de chef d’un parti, dont les membres reçurent l’appellation devaillantistes. Vaillant publiait dans ses discours que le prophète Élie était ressus-cité, et qu’il reparaissait sur la terre pour convertir les juifs et la cour de Rome.D’autres prêtres, et notamment Jean-Augustin Housset, croyaient et publiaientque Vaillant était lui-même le prophète Élie. Celte opinion adoptée parmi lepeuple des convulsionnaires, lit donner aussi aux partisans de cette secte lenom d ’éliséens.
Pierre Vaillant, accoutumé aux persécutions, ne tarda pas à en éprouver denouvelles. Sorti de la Bastille en 1728, il y fut renfermé en 1734; et, après unséjour de vingt-deux ans dans cette prison, on le transféra dans celle de Vin-cennes, où il termina ses jours. Jean-Augustin Dousset, qui passait pour le dis-ciple de Vaillant, éprouva un sort pareil, et fut arrêté en l’année 1745 : renferméa la Bastille, après y avoir gémi pendant dix ans, il en sortit pour être exilé à