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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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des convulsions. Mais plus la police élail rigoureuse et active contre les con-vulsionnaires, plus ceux-ci, pour éviter ses coups, redoublaient de précautions,de subtilité. Ce parti avait ses assemblées mystérieuses, ses auteurs, ses im-primeurs, ses colporteurs, etc., que la police découvrait quelquefois, mais quiéchappaient le plus souvent à son inquiète surveillance.

Cependant, malgré ses nombreux agents, une feuille périodique intitulée lesNouvelles ecclésiastiques, s'imprimait et se distribuait assez régulièrement. Lesassemblées clandestines n’étaient point interrompues, et les convulsions mêmeles plus horribles étaient toujours en vigueur. Aucun des moyens qu’employaitle gouvernement ne pouvait arrêter le cours ni diminuer les ravages de celtecontagion. Le parti qui dirigeait les convulsionnaires était donc, par son nom-bre, son habileté et ses ressources, et surtout par sa discrétion, devenu unepuissance que le gouvernement ne pouvait dominer, et qui luttait contre luiavec d’assez grands avantages. Ce parti se composait de tous ceux dont la bulleUnigenitus contrariait les opinions; il se composait encore des ennemis des jé-suites, auteurs de cette bulle, et enfin de plusieurs de ceux qu’on a nommésjansénistes. Je ne raconterai pas toutes les scènes de folies, de cruautés et sur-tout d’horribles débauches dont les maisons où les convulsionnaires tenaientleurs assemblées furent le théâtre. Je renvoie pour plus de détails sur cettematière à l’ouvrage de Carré de Maugeron et du docteur Hecquet. Je feraiobserver seulement que les convulsions ont duré, à Paris , trente-cinq ans, de-puis le mois de mai 1727 jusqu’au mois d’août 1762, époque où la société desjésuites fut dissoute. Alors elles cessèrent avec la persécution dont ces pèresétaient les instigateurs.

A l’affaire des convulsions s’en joignit uneautre qui eut lesmèmes causes, lesmêmes chefs, celle des billets de confession. Le cardinal et ministre de Fleury,qui, par faiblesse ou impéritie, avait laissé aux jésuites semer la discorde etdiriger les persécutions, mourut en 1743. L’archevêque de Paris, Vintimille ,prélat pacifique, et qui faisait moins qu’il ne laissait faire, étant mort trois ansaprès, les jésuites parvinrent à lui donner un successeur plus agissant. Le sieurBellefond, fanatique et partisan outré des doctrines jésuitiques, fut leur homme.Déjà de nombreuses lettres de cachet étaient fabriquées, et les prisons allaient,au gré des jésuites, s’encombrer de victimes, lorsque la mort du nouveau prélatvint subitement suspendre ces sinistres préparatifs. I^a gloire de les faire exé-cuter était réservée à son successeur, Christophe de Beaumont , homme demœurs austères, dont l’opiniâtreté surpassait l’ignorance. On avait déjà projeté,du temps de l’archevêque Vintimille , pour ôter toute influence aux jansénistes,de leur interdire les fonctions sacerdotales et de forcer ceux qui leur accor-daient confiance, à s’adresser, pour les livres de piété, à leurs ennemis, aux jé-suites. On avait même résolu de n’accorder la communion, le viatique, qu’àceux qui seraient munis d’un billet de confession , billet qui devait attester quele porteur avait réellement fait sa confession à un prêtre du parti jésuitique, àun prêtre partisan de la bulle. Christophe de Beaumont ordonna la stricte exé-cution de son mandement sur les billets de confession. Les curés, soumis à sesordres, s’y conformèrent, et n’administraient point les sacrements à ceux qui