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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS .

grandes croisées qui correspondent aux entre-colonnements de l’intérieur. Au-dessus de ce péristyle, de l’entablement et de la balustrade qui le couronnent,est un attique ; il est percé de seize croisées et arcades, garnies de vitraux en fer,et placées dans des renfoncements carrés. Sur le socle de la corniche de cet at-tique s’appuie la grande voûte, formant la troisième coupole du dôme couverteen lames de plomb.

La guerre ayant causé l’interruption des travaux du Panthéon , ils furentrepris en 1784 : après cette année, on s’occupa de l’achèvement de ce dôme.Suivant le projet de Souftlot, ce dôme devait avoir un amortissement conve-nable. Cet amortissement fut exécuté. Il consistait en un balcon circulaire eten une lanterne ; on le démolit après le décret de 1791, qui changea la destina-tion de l’édifice. A la place de cette lanterne, on substitua un piédestal ou acro-tère rond, terminé par une calotte destinée à supporter la figure en bronze de laRenommée. En 1812 fut établie la lanterne actuelle; elle est circulaire, ornée dehuit colonnes, et percée de six croisées en arcades. La hauteur totale de l’édifice,depuis le niveau du perron de l’entrée principale jusqu’à la cime de la lanterne,est de quatre-vingt-un mètres. Vers la fin de l’année 1823, on plaça sur la partiedéclive et circulaire du dôme de la lanterne, une couronne en cuivre doré,composée de huit têtes d’anges et de huit fleurs de lis et surmontée d’un globeet d une croix; à la place de cet amortissement, on doit placer une statue de laRenommée. Il s’est manifesté, dès l’an 1776, sur la surface des quatre piliersdu dôme, des fentes, des ruptures, des éclats : ces dégradations n’ont occasionnéaucun affaissement, aucun mouvement de la part du dôme. Cependant, commeelles se multipliaient, on crut nécessaire de reconstruire les quatre piliers. Ilfallut soutenir le dôme par d’immenses étais; et M. Rondelet, auteur de cesgrands travaux, a, dans cette entreprise difficultueuse et savante, obtenu le plusheureux succès.

Des constructions souterraines occupent toute l’étendue du Panthéon . D’abord,une seule de leurs parties, celle qui est située au-dessous de la nef orientale oudu fond, fut destinée au service divin et disposée en conséquence. Un bâtimentplacé en dehors et sur la face orientale, percé de plusieurs portes ornées dehelles grilles, contient un escalier à deux rampes, l’une en face de l’autre, parlesquelles on descend dans une crypte ou chapelle souterraine et sépulcrale. Lesvoûtes de ce lieu sombre sont supportées par des murs et des piliers carrés,correspondant aux colonnes de l’édifice supérieur, et décorés de pilastres d’ordretoscan, accouplés, sans bases.

L’Assemblée nationale constituante ayant, par son décret du 4 avril 1791, des-tiné l’édifice de Sainte Geneviève à recevoir les cendres des grands hommes de laFrance, décerna d’abord les honneurs du Panthéon à Mirabeau , mort le 2 avril dela même année; Voltaire , le 11 juillet, et J.-J. Rousseau, le 16 octobre suivant,obtinrent les mêmes honneurs. La faction étrangère, dont les agents dominaientla Convention, fit, par décret du 2t septembre 1793, transférer le corps de Marat au Panthéon, et retirer celui de Mirabeau ; mais après la journée du 9 thermidoran h (27 juillet 1794), les restes de Marat furent enlevés du Panthéon , et jetésdans l’égout de la rue Montmartre.