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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV .

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La Convention nationale , devenue libre, émit, le 20 pluviôse an nr (8 février1795), un décret portant que les honneurs du Panthéon ne pourront être décer-nés à un citoyen que dix ans après sa mort. Dans la suite, Bonaparte , par sondécret du 20 février 1806, rendit au culte l’édifice du Panthéon , et lui conservanéanmoins la destination que lui avait donnée l’Assemblée constituante : maisl’honneur que cette Assemblée avait réservé au génie et au mérite éminent, ill’accorda seulement aux titres et aux dignités. Depuis ce décret impérial, lachapelle sépulcrale s’est agrandie de tous les autres souterrains de l’édifice.

Dans une pièce particulière de ces vastes souterrains, on voit le cercueil dumaréchal Lannes, duc de Montebello, mort le 31 mai 1809. Sur ce cercueilsont des inscriptions qui rappellent les exploits de ce guerrier, et ses ti-tres d’illustration. Plus loin, dans d’obscurs caveaux et dans des tombeauxen pierre, sont déposés les corps, et, dans des urnes, les cœurs de plusieursgrands dignitaires de l’empire. Parmi les noms des divers morts, on dis-tingue ceux du célèbre navigateur Bougainville et du grand géomètre LaGrange. Les corps et les cœurs déposés dans ce sombre asile sont au nom-bre de quarante-cinq. Depuis 1815, aucun monument funèbre n’est venu aug-menter ce nombre.

Le magnifique édifice de Sainte-Geneviève ou du Panthéon , dont la construc-tion a coûté plus de soixante ans de travaux, et plus de vingt-cinq millionsde dépenses, n’a jusqu’à présent, si l’on excepte les constructions souterrai-nes, servi à aucun usage public. Depuis l’avénement du roi Louis-Philippe ^le Panthéon a reçu de nouveau la destination que la révolution lui avait don-née ; en conséquence, l’inscription célèbre : Aux grands hommes In Patrie recon-naissante, a été rétablie sur le fronton de cet édifice. A partir de cette époquedes travaux considérables ont été entrepris, et aujourd’hui on peut considérerle Panthéon comme un monument complètement achevé.

SAiNT-PHii.ipPE-nu roule, église paroissiale, située rue du Faubourg-du-rtoule. Le Roule était encore un village avant l’an 1722, et, en celte année seu-lement, il fut érigé en faubourg de Paris . Dès l’an 1697, ses habitants, fort éloi-gnés des églises, sollicitèrent auprès de l’archevêque de Paris la permissiond’y bâtir une chapelle, et d’ériger cette chapelle en paroisse; Le 1 er de mai 1699,cette double permission leur fut accordée.

L'accroissement de la population de ce quartier, et le peu d’étendue de cettechapelle, firent sentir la nécessité de construire un plus vaste édifice. Par arrêtdu conseil du roi, du 12 mai 1769, cette construction fut décidée. On chargea lesieur Chalgrin d’en fournir les plans et dessins; commencée en 1769, l’églisene fut achevée qu’en 1784. Sur un perron élevé de sept marches paraît la façadede cette église, dont le plan est très-simple; Quatre colonnes doriques, de fortedimension, supportent un entablement et un fronton orné de bas-reliefs repré-sentant la Religion et ses attributs, sculptés par Duret. L’intérieur a le caractèred’une noble simplicité. Deux péristyles ioniques, chacun de six colonnes, sépa-rent la nef des bas-côtés, à l’extrémité desquels sont deux chapelles, l’unedediée à la Vierge, l’autre à saint Philippe, patron de cette église. — La voûte,qui paraît en pierres, n’est construite qu’en charpente; mais cette construction

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