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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV .celte baronne, maîtresse de l’acteur Julien, avait sous le nom de la petite Lecoq,dans la rue Feydeau, sollicité les passants de monter chez elle.

Quelques nobles se montrèrent plus vils que les malheureuses qu’ils entre-tenaient. « Le comte du Barry, dit-on, dans un des rapports de la police, re-» garde la Vaubernier comme une terre, l’afferme tantôt au duc de Richelieu,

» tantôt au duc de Vil...; elle lui rapporte beaucoup. » — On lit dans un autre :

* La demoiselle Sainte-Foi a mis en gage pour le marquis de Dur..., pour» plus de six mille livres d’effets; elle a endossé pour lui quatre lettres de» change; elle est même décrétée pour lui de prise de corps; et il la quit-» te, et c’est pour prendre la Clermont. ^Comment toutes les filles ne s’enten-» dent-elles pas pour couper les vivres à un marquis qui est plus méprisable» qu’elles? »

Les excès de la corruption étaient des titres de gloire parmi les personnagesde la cour. Accoutumés aux compliments, à l'étiquette, au cérémonial, ilsmentaient sans scrupule, ne disaient point ce qu’ils pensaient, et souventne pensaient point ce qu’ils disaient. Us semblaient rougir du caractère deleur sexe, et aspirer aux faiblesses du sexe féminin, à sa frivolité, à ses recher-ches pour la parure, à la futilité de ses goûts. Jugeant de tout sans rien sa-voir, ils savaient, comme dit Montesquieu , « longtemps parler sans riendire. » Tels étaient les hommes adorés des femmes, qu’elles qualifiaient d’/iom-mes charmants, et que le vulgaire nommait petits-maîtres. A leurs yeux c’étaitvivre bourgeoisement que de payer ses dettes. Il était du bon ton d’emprunteravec de basses sollicitations, puis de repousser avec dédain ses créanciers;et sur ce dernier point, il faut le dire, la noblesse française s’est acquis uneréputation durable. Ces défauts, ces ridicules, ces vices, embellis par un jargonde coterie, par des manières aimables, ou rehaussés par le ton de l’orgueil oul’air de suffisance, étaient en général les habitudes des princes et seigneurs;mais, je le déclare avec plaisir, il existait sous ce règne des exceptions très-dis-tinguées, plus nombreuses même que sous celui de Louis XIV . Il y eut des in-dividus même de cette classe qui surent se préserver de la contagion générale.U y en eut d’autres chez lesquels les habitudes n’avaient pas entièrement éteintles lumières de la raison. Les uns et les autres, frappés du spectacle hideuxque présentait la société, en recherchèrent les causes, et les trouvèrent dans legouvernement. De là ces nombreux écrits auxquels les ministres ne répondaientque par des lettres de cachet. De là vint un parti d’opposition qu’on nomma desphilosophes; parti qui fut en butte aux persécutions des protecteurs des abus etdes vices, et aux clameurs de tous ceux qui se trouvaient intéressés au maintiendes vieilles erreurs.

D’autres rapports faits par la police, concernant les mœurs des évêques et desautres prélats, amusaient la curiosité du roi. On a vu que, depuis l’époque oùles évêques furent comblés de richesses et de pouvoir par les barbares qu’ils aidè-rent à envahir la Gaule , la corruption s’établit parmi ces prélats. Us joignirent,à quelques exceptions près, les vices de l’opulence oisive à ceux des courtisanset des militaires. Mais dès qu’on eut commencé à estimer les hommes, nond’après leur richesse et leur puissance, mais d’après leurs talents et leurs ac-