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tions, les évêques furent meilleurs. Cette amélioration ne commença à se faireapercevoir que sous le règne de Louis XIV . Malgré les richesses corruptricesdes évêques, leurs mœurs auraient certainement fait quelques pas de plus versla perfection, sans le scandale de la cour du régent : tout ce qui en approchaitfut atteint de la contagion.
Lorsque Louis XV eut pris les rênes de l'État, les mêmes désordres con-tinuèrent chez les prélats français , mais avec moins d’éclat que sous larégence : ils mirent plus de soin à les cacher. La police, dans ses minutieusesexplorations, ne parvenait qu’avec grande peine .à découvrir leurs dérèglements.Ces évêques à voitures, dans leurs visites galantes, ne pouvaient être atteints pardes espions à pied. Un de ces derniers, en 1760, étant à la poursuite de l’évê-que d’Orléans , qui courait en voiture au faubourg Montmartre, dit dans son rap-port : « Comme ces messieurs ont des voitures, et qu’ils vont très-vite, il» faudrait avoir un train pour leur compte; ce qui serait le moyen de faire» des observations sûres. » Cet évêque se nommait de Jar.il était de noto-riété publique, à Paris , qu’il entretenait une fameuse danseuse de l’Opéra appe-lée Guimard.
Un autre rapport parle des relations de débauche des évêques d’Orléans et de Grasse avec la dame Chavasse. Quelques autres évêques et surtoutceux qui abandonnaient leurs diocèses pour faire de longs séjours à Paris ,n’avaient pas une conduile plus édifiante. Il n’entre point dans le plan de cetouvrage d’offrir le tableau de ces désordres. Si j’y étais obligé, je n’oublieraispas de leur opposer la régularité de plusieurs prélats, dignes de leur saint mi-nistère.
Les évêques qui, à cette époque, occupèrent le siège de Paris , ne présen-tent ni ces vices, ni ces vertus. A Charles de Vintimille, ami de la paix etdelà table, succéda presque immédiatement, en 1746, Christophe de Beaumont .Charitable envers les pauvres, surtout envers les pauvres de la noblesse, ilne l’était guère envers ceux dont les opinions différaient des siennes. Son man-que d instruction fortitiait son opiniâtreté excessive, et l’aveuglait sur le rôleque les jésuites lui faisaient jouer; rôle dont il s’acquittait avec autant d’ar-deur que de bonne foi. Il ne s’est jamais douté de l’empire que ces pèresexerçaient sur lui : il était devenu leur instrument. Il persécutait, autant qu’ilpouvait le faire, les jansénistes et les philosophes. Ses moeurs étaient pures ;il voulait que celles de tous les prêtres de son diocèse fussent de même , pourcela le roi lui envoyait les doubles des procès-verbaux dressés contre lesprêtres pris en flagrant délit. Il résulte de ces rapports, que les femmes quitenaient des beux de débauche, toutes attachées à la police, étaient obligées derendre un compte exact de tous ceux qui se présentaient chez elles; et que deplus, lorsqu’un prêtre ou un moine y arrivait, elles devaient en donner aussitôtavis à un officier de police, qui se hâtait de venir troubler des plaisirs payés d’a-vance, et faisait subir un interrogatoire à ces malheureux qui, honteux et confus,étaient encore assaillis par la crainte d’être persécutés et privés des bénéfices aux-quels ils aspiraient.
Les. laïques, dont je vais m'occuper, et qui forment une autre classe des