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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV .

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rapports de la police, étaient presque aussi soigneusement surveillés que lesprêtres; mais ils n’étaient pas, comme ces derniers, troublés dans leurs plai-sirs. La police, en multipliant ses agents, en n’épargnant ni ruses, ni trahisons,parvenait à connaître toute leur conduite, dans l’unique but d’en amuser le roi.En conséquence, chaque maîtresse de maison vouée à la prostitution était tenuede joindre à son infâme métier le métier plus infâme encore de délatrice et d’es-pionne, de faire chaque jour un rapport contenant les noms de ceux qui s’étaientprésentés dans sa maison, ceux des filles, et l’espace de temps passé auprèsd’elles. On trouve dans ces rapports des exemples nombreux de la dépra-vation de cette classe d’individus orgueilleux, fiers de leurs titres et de leur inu-tilité, qui aspiraient encore à l’infamie des hommes les plus abjects de la so-ciété. On y voit des personnes de qualité remplir les emplois d’agents de lieuxde débauche, et ce qui pis est, d’agents de la police, et en tirer un salaire.Oes milliers de rapports de cette espèce arrivaient tous les matins au lieute-nant de police, qui faisait extraire ce qui s’y trouvait de plus saillant. 11 nese passait rien de remarquable dans Paris , dans les lieux de débauche et mê-me dans l’intérieur des ménages, dont le roi ne fût instruit. Les anecdotes lesplus scandaleuses étaient les plus recherchées, et celles qu’on offrait de préfé-rence à ce prince.

Dans les autres classes de la société, et aussi dans celle qu’on nommait larobe, on trouvait la même corruption; de graves magistrats, des présidents,des conseillers ne craignaient pas d’avilir leurs dignités, en les traînant dansles saletés de la prostitution. Des bourgeois, des artisans ruinaient leur familleet leur santé, en essayant d’imiter les exemples corrupteurs de la cour. Je n’aipoint parlé de ces excès de libertinage qui outragent la nature, de ces unionsstériles, le dernier degré de la dépravation morale. Ces goûts honteux avaient,sous le règne de Louis XV , presque autant de partisans que sous la régence,que du temps de Louis XIV , et que pendant les siècles de barbarie.

Jamais la prostitution ne fut plus en vigueur, jamais les prostituées ne furentplus nombreuses que sous Louis XV . On comptait sous ce règne à peu prèstrente-deux mille filles publiques inscrites à la police; aujourd’hui on en compteenviron trois mille quatre ou cinq cents : preuve des progrès de la morale.

Voici quelques traits du tableau que l’auteur de la Police de Paris dévoiléetrace des Maisons de jeu établies à Paris . « C’est M. de Sartines, dont le valet de” chambre a eu jusqu’à 40 mille livres de rente, qui, le premier, sous le pré-” texte spécieux de rassembler tous les chevaliers d’industrie qu'il devoit eon-■' noître, a fait ouvrir dans la capitale ces cavernes séduisantes où la seule loi* ctoit, en se demandant la bourse, de ne point s’arracher la vie; et comme» l’or ne coule jamais si bien que dans la main des femmes, elles lui achetèrent” le privilège des tapis verts. On imagine bien de quelle classe étoient celles’’ lui destinoient leurs nuits à des escrocs : c’est une Latour, tille du laquais” du président d’Aligre, qui l’avoit créée et mise au monde pour les menus” Plaisirs de son maître; c’étoit une Démare, qui, servante de cabaret, avoit” Pris de bonne heure le goût de tenir table ouverte; c’étoit laCardonne, blan-” chisseuse de Versailles , mère à treize ans ; c’étoit la Dufrêne, qu'une bou-

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