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HISTOIRE DE PARIS
» quetière de Lyon étala longtemps comme des fleurs... Ces présidentes de» biribi n’avoient que la peine de bercer les victimes, et elles en partageoient>■ les dépouilles avec leurs bourreaux. »
On vit des baronnes, des marquises solliciter le privilège de ces tripots; mais,n’osant y figurer elles-mêmes, elles trouvaient des hommes qui n’avaient pasla même honte. Quinze maisons de jeu furent établies dans diverses rues deParis ; et le chef de ces maisons était un nommé Gombeau, qui devait le titrede caissier-général. Pour donner une apparence respectable à ces établisse-ments, la police imagina de prélever, sur les produits de chaque maison, troismille livres par mois pour les pauvres.
Les maisons de jeu établies par le lieutenant de police de Sartines autori-sèrent l’établissement de plusieurs jeux de société, qui se tenaient chez deshommes et des femmes dites de qualité , et même chez l’ambassadeur de Venise ,qui à la faveur de son titre et de l’inviolabilité de son hôtel, y tenait un tripottrès-productif, où les gens de toutes les classes étaient admis. Les ouvriers,les pères de famille de la classe mécanique étaient reçus dans un lieu particu-lier, lieu qu’à juste titre on nommait l 'Enfer . Ces antres dévorateurs, ferméspendant la révolution, furent rouverts sous la domination de Napoléon , et ontété fermés depuis en vertu d’une loi spéciale.
Les mœurs des femmes de la cour, qui servaient de modèle à celles desfemmes des rangs inférieurs, fourniraient une ample matière au tableau quej’esquisse; mais je dois me borner à quelques traits généraux. Pour ces fem-mes, la galanterie était la principale affaire. Quant aux liens du mariage, ellesauraient rougi de les respecter : elles les rompaient sans répugnance commesans danger; la complaisance des deux époux était réciproque. « Un mari qui» voudrait seul posséder sa femme, dit Montesquieu , serait regardé comme» un perturbateur de la joie publique, et comme un insensé qui voudrait» jouir de la lumière du soleil à l’exclusion des autres hommes. Ici, un» mari qui aime sa femme est un homme qui n’a pas assez de mérite pour se>> faire aimer d’une autre... Ce n’est pas qu’il n’y ait des dames vertueuses, et» on peut dire qu’elles sont distinguées... Mais elles sont si laides qu’il faut» être un saint pour ne pas haïr leur vertu. Le duc de... a surpris sa femme» dans les bras du précepteur de son fils, lit-on dans un des rapports de la po-» lice; elle a dit avec impudence : Que n’étiez-vous là, monsieur ? Quand je nai» pas mon écuyer, je prends le bras de mon laquais. » — On se mariait pourtransmettre à un héritier ses biens, ses titres et son nom généalogique. Ce butrempli, les époux vivaient comme s’ils étaient dégagés de leur devoir ; semarier pour d’autres motifs, c’était penser et agir en bourgeois.
Après les excès de toute espèce de débauche, les traits les plus saillantsde cette période sont le luxe, l’empire de la mode et la frivolité. Le luxe offraitune autre source de corruption : il était devenu pour toutes les classes unbesoin qu’accroissaient les rapides changements de la mode. « Une femme qui» quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi anti-» que que si elle s’y étoit oubliée trente ans... Quelquefois, les coiffures mon-» tent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. 11 a