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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV . &V7

» été un temps que leur hauteur metloit le visage d’une femme au milieu» d’elle-même. Dans un autre, c’étoient les pieds qui occupoient cette place;

" les talons faisoient un piédestal qui les tenoit en l’air... Les architectes ont" été souvent obligés de hausser, de baisser et d’élargir leurs portes, selon que“ les parures des femmes exigeoient d’eux ce changement; et les règles de leur» art ont été asservies à ces principes. On voit quelquefois sur un visage une“ quantité prodigieuse de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain. »

Ce tableau, quoiqu’il paroisse outré, au fond est véritable. 11 est certain quesous Louis XIV, sous la régence, pendant le cours du règne de Louis XV , etmême sous Louis XVI , les femmes portaient une chaussure armée d’uu talonen bois, dont la hauteur était au moins de trois pouces, et leur coiffure s’élevaitd’un pied au-dessus de la tête : elles voulaient, par ces artifices, paraître pluslongues. Les femmes tachetaient leur visage, en y appliquant des morceaux detaffetas noir gommé, ordinairement ronds, quelquefois découpés en étoiles, ouen croissant, plus ou moins grands; elles les plaçaient souvent sur les tempes,près des yeux, sur la joue, près des commissures de la bouche, et au front.Une femme de bon ton ne pouvait avoir moins de cinq à six mouches surle visage; les plus modestes n’en portaient que trois. Elles ne sortaient pointsans boîte à mouches, dont le couvercle était intérieurement muni d’un mi-roir, afin de pouvoir, en cas d’accident, réparer la chute d’une mouche. Cetusage avait pour motif de faire ressortir la blancheur de la peau, et de don-ner de l’éclat, de la vivacité à la figure.

Les mouches très en usage dès le règne de Louis XIV , n’étaient pas le seulartifice employé par la coquetterie : les femmes se peignaient le visage avec dublanc et du rouge, et quelquefois du bleu. Le rouge était tellement prodigué,qu’il faisait ressembler celles qui en étaient peintes à des bacchantes en fureur,à des personnes ivres ou enflammées par la débauche ou la colère. Une damede qualité ne pouvait absolument paraître en public sans s’être enduit lesjoues d’une épaisse couche de vermillon; il eût été indécent de sortir sans sonrouge. — Les masques de velours noir, que les dames de la cour portaientencore du temps de la régence, étaient tombés en désuétude; le rouge et lesmouches y suppléèrent. — La mode la plus étrange, la plus embarrassante, etcelle qui choquait le plus le bon goût, était la mode des paniers. L’ensembled’une femme ressemblait, avec cet habillement, à ces instruments, appelésbattoirs, dont se servent les blanchisseuses. Dans la foule, des femmes ainsivêtues étaient obligées de tourner, d’un côté en avant, de l’autre côté en ar-rière, les deux parties saillantes du panier, dont le volume occupait la placede trois ou quatre personnes. Dans les chaises à porteurs, dans les carrosses,elles étaient forcées de faire sortir par les portières les parties latérales de cetample et ridicule ajustement. Dans les commencements du règne de Louis XV ,les femmes de tous les états, depuis la princesse jusqu’à la dernière ouvrière,portaient cette étrange parure. Une femme sans panier était considérée commemalade. Cette mode, aussi gênante qu’elle était de mauvais goût, s’est main-tenue encore longtemps à la cour, sous la protection de l’étiquette. Le mauvaisgoût s’associait aux mauvaises mœurs. Les hommes mêmes portèrent des pa-