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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

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du comité breton conçurent lidée de former à Paris une société à linstar decelle de Londres . En conséquence, ils louèrent la salle de la bibliothèque ducouvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré, et nommèrent dabord leur réu-nion Société de la révolution. Mais au mois de février 1790, ils lui donnèrentle nom de Société des Amis de la constitution . Son objet principal, outre celui dediriger l'opinion publique et de discuter davance les questions qui devaientêtre portées à lAssemblée nationale, consistait à sassurer des nominations àfaire dans lassemblée, en opérant dans la société des scrutins préparatoires,alin de déterminer la majorité des votes. Cette société, pendant la durée delAssemblée constituante , jouit dune grande considération ; elle comptaitparmi ses membres des ambassadeurs étrangers, des princes ; et, ce qui lho-norait davantage, elle comptait aussi des hommes illustres par leurs talents,célèbres dans la littérature, et des savants qui ont honoré leur siècle.

Bientôt les passions, allumées par lintrigue et lesprit de parti, se manifes-tèrent dans cette société. Elle se divisa, et les membres dissidents formèrentune nouvelle réunion nommée Club de 89. La société répara cette perte, etfit des réglements nouveaux. Elle était paisible, lorsque Robespierre vint y se-mer des germes de discorde. A la fin de 1792, les gens de bien sen éloignè-rent ou en furent exclus; et le parti chargé de rendre la révolution odieuse,de la souiller de crimes, y domina despotiquement.

Le nombre des membres sélevait alors à plus de treize cents. Plus de troiscents sociétés, établies dans les départements, étaient affiliées à celle des Amisde la constitution de Paris , et correspondaient avec elle. Vers les premiers moisde la session conventionnelle, Robespierre sempara de cette vaste machine poli-tique, et la fit servir à son ambition. Le lieu des séances a donné à cette sociétéle nom de Jacobins : le 24 juillet 1794, elle fut fermée par le député Legendre.

11 se forma, vers les années 1790 et 1791, plusieurs autres sociétés politiques :le club monarchique, rue de Chartres, et de léglise Saint-Louis, le club desFeuillants (1790), le cercle social, ou cirque du Palais-Royal.

loteries. Il y eut à Paris , dès le quinzième siècle, des loteries, sous le nomde blanque et de tontine. Louis XIV mit les loteries à la mode, en gratifiant sescourtisans de divers lots précieux qui ne coûtaient aucune mise de leur part.Les loteries de toutes espèces furent nombreuses sous ce règne. La cupidité,la galanterie, la dévotion en usèrent de plusieurs manières. Sous Louis XV ,lorsque des couvents ou des églises manquaient d'argent pour leurs besoins ,le gouvernement les autorisait à établir une loterie. Louis XVI , par son éditdu 30 juin 1776, supprima toutes les loteries, excepté celles des Enfants trou-vés, de la Pitié, et la Loterie royale de France. Le 16 novembre 1794, la Conven-tion ferma les loteries comme immorales. Sous le gouvernement du Directoire ,le 30 septembre 1797, la loterie de France fut rétablie. Elle reçut une extensionconsidérable sous le règne de Bonaparte . Les bâtiments du tirage de la loterieon été abattus et la loterie abolie en 1837.

maisons de jeux. Henri IV et Louis XIV avaient donné lexemple du jeu :leurs successeurs les imitèrent. Le lieutenant de police, de Sartines, autorisa,en 1775, les maisons de jeux, et leur donna une consistance quelles navaient