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SOUS LA CONVENTION.
furieuses, des imbéciles, des épileptiques, des paralytiques, des aveugles, deseslropiées, des teigneuses, des incurables de toute espèce, des enfants scrofu-leux, etc., etc. Au centre de l’hôpital il existait une maison de force qui compre-nait quatre prisons différentes, savoir : le commun, lieu destiné aux filles les plusdissolues; la correction, contenant des filles qui donnaient des espérances de re-pentir ; la prison, réservée aux personnes détenues par ordre du roi; et la grandeforce, aux femmes flétries par la justice.
D’après ce qu’on vient d’exposer, on doit juger de l’étendue des bâtiments : elleest immense ; et un grand nombre de villes ne contiennent point chacune une po-pulation aussi nombreuse. C’est le plus vaste qui existe en Europe . Il se composede quarante-cinq grands corps de bâtiment qui couvrent une superficie de plus devingt-neuf mille mètres carrés. Livré, en 1802, aux soins de l’administration deshospices, ce vaste établissement a, depuis cette époque, éprouvé des change-ments heureux et des améliorations considérables. Le service y est administré encinq grandes divisions, savoir : 1° les reposantes, ou femmes qui ont vieilli dansle service;—2° les indigentes valides, âgées de soixante-dix ans au moins, ouatteintes d’infirmités incurables, aveugles, paralytiques, infirmes et octogénaires;-— 3» l'infirmerie, composée de quatre cents lits, dont le bâtiment est séparé desautres; — 4° les aliénées et les épileptiques. La Salpêtrière renferme 4,969 indi-gentes ou aliénées.
hospice des incurables-hommes, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 150.Autrefois il n’existait à Paris qu’une seule maison d’incurables, établie en 1637,rue de Sèvres. L’hospice fondé par saint Vincent de Paul , en faveur de quarantevieillards des deux sexes, et une maison voisine, ancien couvent de récollets,qu’en 1795 on avait adjointe à cet hospice, devinrent l’emplacement où fut établi,en 1802, l’hospice des Incurables-IIommes. Il renferme 495 lits : le nombre desjournées, en 1845, s’y est élevé à 167,006.
hospice des iNCun adles-fevimes, situé rue de Sèvres, n° 55, dans l’ancienétablissement des Incurables. J’ai parlé déjà de sa fondation. — Les principalessalles de cette hospice ont cent pieds de long sur vingt-quatre pieds de large ;elles se divisent en forme de croix, et aboutissent à un centre commun, ce quirend les communications et la surveillance faciles. Deux corps de bâtiment, unisentre eux par une église, étaient destinés, l’un aux femmes, l’autre aux hommes.Les femmes, aujourd’hui, occupent seules ces deux corps de logis. On y compte582 lits : il y a eu, en 1845, 212,080 journées.
hospices des enfants trouvés et orphelins, situé rue d’Enfer, n° 74. Lesenfants trouvés, dont l’hôpital était jadis sur le parvis Notre Dame, furenttransférés, en 1838, dans la maison de la rue d’Enfer. En recevant les nouveau-nés, on les lave puis on les pèse; si le poids d’un de ces enfants est de moins de sixlivres, on a peu d espérance de le conserver. Les enfants sont soignés par des ber-ceuses, sous les ordres d’une surveillante en chef ; deux tiers de ces berceusesservent le jour, et un tiers la nuit. —Plusieurs salles, qu’on nomme crèches, sontgarnies de berceaux séparés les uns des autres. On reçoit dans cetle maison :1° les enfants trouvés; 2° les enfants abandonnés; 3° les orphelins pauvres. Lesenfants sont envoyés à la campagne, et leur nombre est évalué, pour 1847, au