506 HISTOIRE DE PARIS
construction en fut commencée en 1811 et achevée en 1820. Ce marché est leplus vaste, le plus beau, le mieux construit de tous ceux de Paris . Le plan decelte halle, fourni par M. Blondel, offre un parallélogramme régulier de 92mètres de longueur sur 75 mètres de largeur. Les faces des deux grands côtésont chacune vingt-deux arcades cintrées; les deux faces des deux petits côtésen ont dix-sept. L’intérieur présente quatre nefs, entre lesquelles est une courspacieuse. Au centre on a placé, en 1825, la fontaine monumentale qu’on avaitélevée sur la place de Saint-Sulpice.
Le bâtiment destiné aux boucheries, situé au sud de la halle, n’en est séparéque par la rue Lobineau. Il a les mêmes formes que ce principal édifice. En facede l’entrée principale, on voit une fontaine adossée au mur et décorée par unefigure allégorique de i’Abondance. Sous cette boucherie sont pratiquées des caves,divisées en cent cinquante cases fermées et séparées par des grilles, qui formentautant de serres, dans lesquelles les marchands peuvent déposer les denrées nonvendues, et s’abriter lors des rigueurs de l’hiver.
greniers de réserve, situés sur le boulevard Bourdon, et sur l’emplacementdu jardin de l’Arsenal. La première pierre fut posée en 1807 ; dans les années sui-vantes, l’édifice s’éleva sous la conduite de Delannoy. Cet édifice devait avoirsix étages, et n’en a que deux ; on lui a fait une toiture provisoire avec le bois quiavait servi aux échafauds de l’arc de l'Étoile. Cet édifice, ainsi terminé en 1817,est d’une étendue considérable; il a près de 350 mètres de longueur ; il est divisépar cinq avant-corps ou pavillons, et par cinq arrière-corps. Les salles de l’inté-rieur sont d’une étendue qui frappe d’admiration celui qui y pénètre pour la pre-mière fois. Ce bâtiment peut recevoir 45,000 sacs de farine, ce qui suffit pour laconsommation de la ville pendant un mois,
entrepôt et HALLES Aux vins et eaux-de-vie, situés quai Saint-Bernard.En 1656, les sieurs Chamarande et de Baur obtinrent du roi l’autorisation d’éta-blir une halle aux vins. Ce projet rencontra des oppositions de la part des admi-nistrateurs de l’Hôpital général, qui, en 1662, consentirent à son établissement,à condition qu’ils recevraient la moitié des bénéfices. Cette halle fut bâtie en1662, et on y joignit une chapelle de Saint-Ambroise. Depuis longtemps l’insuf-fisance de ce local était sentie. Un décret impérial du 30 mars 1808 ordonna laconstruction d’une nouvelle halle sur un plan beaucoup plus vaste. Les tra-vaux furent commencés sur les dessins et sous la direction de M. Gaucher,architecte; et le 15 août 1811, on posa la première pierre de l’édifice. Cetétablissement, qui occupe l’emplacement de l’abbaye de Saint-Victor, de laterre d’Alez, etc., se compose de cinq grandes masses de constructions, et dedeux bâtiments destinés à l’administration, sans y comprendre les petits celliersétablis dans la partie irrégulière que laisse la rue de Seine. Des cinq masses deconstructions, deux, placées au centre de l’établissement, servent au marchédes vins. Des trois autres masses, placées du côté des rues de Seine , deSaint-Bernard et de Saint-Victor, deux contiennent chacune vingt et un cellierset la troisième en contient quarante neuf. Sur chacune de ces cinq masses sontélevés des magasins; et les magasins de celle du milieu, du côté de la rueSaint-Victor, sont destinés aux eaux-de-vie. Ces constructions n’ont été achevéesqu’en 1818.