SOUS LA RESTAURATION. 619
Paris les matériaux, et qui chargea M. Rret, architecte, de la reconstruire sur unnouveau plan. Elle a deux étages. Aux quatre angles sont de petits pilastrescouronnés de chapiteaux délicatement sculptés. Le rez-de-chaussée offre desarcades, au-dessus desquelles règne une frise rehaussée d’ornements et de mé-daillons qui représentent Marguerite, Anne de Bretagne , Diane de Poitiers , etles rois Louis XII , Henri II et François II . L’attique est orné de bas-reliefs quifigurent des génies portant des écussons aux armes de France , enlacés dans desguirlandes de fleurs et de fruits. On a attribué à Jean Goujon les sculptures quidécorent ce gracieux monument.
hospices. Sous la Restauration, il fut fondé quelques établissements de Bien-faisance. La duchesse de Bourbon établit en 1819, rue de Babylone, n°12,l 'Hospice d’Enghien , renfermant 60 lits pour les hommes, et 60 lits pour lesfemmes; M. Leprince dota un petit hospice qui porte son nom, rue Saint-Domi-nique, n<> 4, et qui est destiné à 20 vieillards; M me Châteaubriant, YInfirmerie deMarie-Thérèse, rue d’Enfer, n° 86, pour les prêtres infirmes. Enfin, on fondaen 1820, rue de l’Oursine, n° 95, au moyen de souscriptions, une Maison de Re-fuge et de Travail pour l’extinction de la mendicité. L’Asile delà Providence, ruedu Cherche-Midi, date de 1824. Il fut destiné à recevoir des personnes d’un âgeavancé.
théâtres. — Plusieurs théâtres furent bâtis sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X . La salle actuelle de Y Académie Royale de Musique a été élevéesur l’emplacement de l’hôtel Choiseul,rue Lepelletier, après l’assassinat du duc deBerry. Les travaux de cette salle provisoire, ouverte en 1820, ont été dirigés parM. Debret.— Le théâtre du Gymnase-Dramatique , ou Théâtre de Madame, boule-vard Bonne-Nouvelle, n° 8, date de 1820; il a été fait sur les dessins de MM. Guer -c hy et Rougevin. La façade est décorée de six colonnes engagées. — Le théâtredes Nouveautés, aujourd’hui du Vaudeville, place de la Bourse, occupe l’empla-cement de l’ancien passage Feydeau. La troupe d’opéra-comique y a joué de1832 à 1840. — Le théâtre du Panorama-Dramatique, près du Petit-Lazary, s’estsoutenu peu de temps et a été remplacé par une maison particulière. — Lethéâtre Ventadour, qui est occupé aujourd’hui par la troupe italienne, a étéconstruit sur les dessins de MM. Huvé et Guerchy; c’est un édifice isolé detoutes parts, orné de pilastres et surmonté d’un attique. Cette salle a porté,depuis 1830, les titres de théâtre Nautique et de théâtre de la Renaissance.— L’ Ambigu-Comique, bâti par MM. Stouff et Lecointe, boulevard Saint-Martin,a &é ouvert en 1828; la façade est assez élégante.—Le Cirque-Olympique, boule vard du Temple , où l’on joue des vaudevilles, des mélodrames et des pantomimeséquestres, date de 1827. — Le théâtre du Luxembourg, rue Madame, était unepetite salle où un paillasse, du nom de Bobineau, faisait la parade et où l’on don-nait des pantomimes. — Enfin le Théâtre Comte, passage Choiseul, a été fondéen 1826 par l’habile prestidigitateur dont il porte le nom. Les pièces y sont jouéespar des enfants et pour des enfants.
marchés. — Les marchés établis sous la Restauration n’ont rien de remar-quable. Je citerai le Marché au beurre ( 1822), dans les dépendances de la Halledes Innocents; la Halle aux poissons ( 1822), qui occupe l’emplacement de l’an-