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Tome vingt-neuvieme.
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Pensées

XVIII.

Quelques anglais de province , qui n’ont voyagéqu’à Londres, s'imaginent que le roi de France,quand il est de loisir , envoie chercher un président ;Sc pour s’amuser donne son bien à un valet degarde-robe.

X I X.

II n’y a guère de pays au monde où les fortunesdes particuliers soient plus assurées qu’en France.Le comte Maurice de JVaJsau , en partant de la Hayepour aller commander l’infanterie hollandaise, medemanda si on lui confisquerait les rentes qu’il avaitfur rhôtel-de-ville de Paris. On vous paiera, luidis-je , précisément le même jour que le comteMaurice de Saxe qui commande l'armée française ;Sc cela était vrai à la lettre. ( 2 )

X X.

Louis XI, pendant son règne, fit passer par lara ain du bourreau environ quatre mille citoyens ;c’est qu’il n’était pas absolu 8c qu’il voulait l’être.Louis XIV, depuis l’aventure du duc de Lauzun ,n’exerça aucune rigueur contre personne de sa cour ;

( 2 ) Les anglais instruits avouent que la France est celui des grandsEtats de l’Europe, après l’Angleterre , où les propriétés sont le plusassurées ; 8c c'est par cette raison qu’elle est , après P Angleterre, le paysle plus florissant. Ils pouvaient ajouter que c’est beaucoup moins à laconstitution de l’Angleterre , qu’ils doivent l’avautage d’une fureté plusgrande dans Jes propriétés, qu’à la vigueur avec laquelle les lois y fontexécutées. Si les propriétés font moins assurées en France, ce n’est pointparce que le gouvernement y est absolu ; c’est parce qu’il n’a pas toujoursveillé avec exactitude au maintien des lois, qu’il ne les a pas défenduestoujours avec assez de vigueur contre les prétentions ou les entreprisesdes corps puissans, qu’il nc s’est point assez occupé de perfectionnerJes lois.