2Z2 Commentaire sur le livre
de ses cuisses. Ils y enfoncèrent l’aiguille. Les tourmensde la question avaient été si horribles que cette pauvrecréature expirante sentit à peine s aiguille ; elle necria point : ainsi le crime sut avéré. Mais comme lesmœurs commençaient à s’adoucir, elle ne fut brûléequ’après avoir été pendue 8c étranglée.
Tous les tribunaux de l’Europe chrétienne réten-tissaient alors de pareils arrêts. Les bûchers étaientallumés par-tout pour les sorciers comme pour leshérétiques. Ce qu’on reprochait le plus aux Turcs,c’était de n’avoir ni sorciers ni possédés parmi eux.On regardait cette privation de possédés commeune marque infaillible de la fausseté d’une religion.
Un homme zélé pour le bien public , pourLhumanité , pour la vraie religion , a publié clansun de ses écrits en faveur de l’innocence , que lestribunaux chrétiens ont condamné à la mort plusde cent mille prétendus sorciers. Si on joiirt à cesmassacres juridiques le nombre infiniment supérieurd'hérétiques immolés , cette partie du monde neparaîtra qu un vaste échafaud couvert de bourreaux8c de victimes, entouré de juges , de sbires Sc despectateurs.
De la peine de mort.
O N a dit il y a long-temps qu'u n homme pendun’est bon à rien, Sc que les supplices inventés pourle bien de la société doivent être utiles à cettesociété. 11 est évident que vingt voleurs vigoureux,condamnés à travailler aux ouvrages publics touteleur vie , fervent l’Etat par leur supplice , Sc queleur mort ne fait de bien qu’au bourreau que l’on
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