LZ 6 Commentaire sur le livre
accoutumé aux affaires , 8c plus au-dessus du pré-jugé; l’habitude de voir tout en grand l’a rendumoins ignorant 8c plus sage ; il voit mieux qu’unejustice subalterne de province, si le corps de l’Etata besoin ou non d’exemples sévères. Enfin , quandla justice inférieure a jugé fur la lettre de la loi quipeut être rigoureuse, le conseil mitigé l’arrêt, sui-vant l’esprit de toute loi, qui est de n’immoler lezhommes que dans une nécessité évidente.
De la question.
Tous les hommes étant exposés aux attentats dela violence ou de la perfidie, détestent les crimesdont ils peuvent être les victimes. Tous se réunissenta vouloir la punition des principaux coupables 8cde leurs complices ; Sc tous cependant, par une pitiéque Dieu a mise dans nos coeurs, --'élèvent contreles tortures qu’on fait souffrir aux accusés dont onveut arracher l’aveu. La loi ne les a pas encorecondamnés, 8c on leur infflige, dans l’incertitudeoù l’on est de leur crime, un supplice beaucoupplus affreux que la mort qu’on leur donne, quandon est certain qu’ils la méritent. Quoi ! j'ignoreencore si tu es coupable , 8c il faudra que je tetourmente pour m’éclairer ; 8c si tu es innocent, jen’expierai point envers toi ces mille morts que jet’ai fait souffrir, au lieu d’une seule que je te pré-parais! Chacun frissonne à cette idée. Je ne diraipoint ici que S‘ Augustin s’élève contre la questiondans fa Cité de Dieu. Je ne dirai point qu’à Rome