DES DELITS ET DES PEINES. 2Z?
on ne la fesait subir qu’aux esclaves . & que cepen-dant Quintilien se souvenant que les esclaves fonthommes, réprouve cette barbarie.
Quand il n’y aurait qu’une nation fur la terre quieût aboli l’usage de la torture, s’il n’y a pas plus decrimes chez cette nation que chez une autre; sid’ailleurs elle est plus éclairée, plus florissante depuiscette abolition , son exemple suffit au reste du mondeentier. Que l’Angleterre seule instruise les autrespeuples ; mais elle n’est pas la feule ; la torture estproscrite dans d’autres royaumes & avec succès. Toutest donc décidé. Des peuples qui se piquent d’ètrepolis ne se piqueront -ils pas d’être humains ?s’obstineront-ils dans une pratique inhumaine, furle seul prétexte qu’elle est d’usage ? Réservez aumoins cette cruauté pour des scélérats avérés , quiauront assassiné un père de famille ou le père de lapatrie ; recherchez leurs complices : mais qu’unejeune personne qui aura commis quelques fautesqui ne laissent aucunes traces après elles , subisse lamême torture qu’un parricide , n’est-ce pas une bar-barie inutile? J’ai honte d’avoir parlé fur ce sujet,après ce qu’en a dit fauteur des Délits <b des peines.Je dois me borner à souhaiter qu’on relise souventl’ouvrage de cet amateur de fhumanité.
De quelques tribunaux de sang.
Croirait-on qu’il y ait eu autrefois un tribunalsuprême plus horrible que l’inquisition, 8c que cetribunal ait été établi par Charlemagne ? C’était lejugement de Vestphalie, autrement appelé la cour