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Tome vingt-neuvieme.
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238 Commentaire sur le livre

Vémique. La sévérité ou plutôt la cruauté de cettecour allait j usqu’à punir de mort tout saxon qui avaitrompu le jeûne en carême. La même loi fut établieen Flandre 8c en Franche-Comté, au commencementdu XVII mc siècle.

Les arclrives d’un petit coin de pays appeléS‘Claude, dans les plus affreux rochers de la Comtéde Bourgogne, conservent la sentence 8c le procès-verbal d’exécution d’un pauvre gentilhomme nomméClaude Crâon auquel on trancha la tête le 28 juillet1629. 11 était réduit à la misère 8c pressé d’une faimdévorante. 11 mangea un jour maigre un morceaud’un cheval qu’on avait tué dans un pré voisin. Voilàson crime. II fut condamné comme un sacrilège. S’ileût été riche 8c qu’il se fût fait servir à souper pourdeux cents écus de marée, en laissant mourir de faimles pauvres , il aurait été regardé comme un hommequi remplissait tous ses devoirs. Voici le prononcé dela sentence du juge.

55 Nous après avoir vu toutes les pièces du procès55 8c ouï ^’avis des docteurs en droit, déclarons ledit55 Claude Guillon dûment atteint 8c convaincu d’avoir55 emporté de la viande d’un cheval tué dans le pré55 de cette ville , d’avoir'fait cuire ladite viande le 3155 mars jour de samedi, 8c d’en avoir mangé 8cc. ,5

Quels docteurs que ces docteurs en droit qui don-nèrent leur avis ! Est-ce chez les Topinambous 8cchez les Hottentots que ces aventures font arrivées ?La cour vémique était bien plus horrible ; elledéléguait secrètement des commissaires qui allaientfans être connus dans toutes les villes d’Allemagne ,prenaient des informations fans les dénoncer aux