DES DELITS ET DES PEINES. 2Zg
accusés, les jugeaient fans les entendre; 8c souventquand ils manquaient de bourreaux, le plus jeunedes juges en fêlait l’office , 8c pendait*lui-même (z)le condamné. 11 fallut pour se soustraireaux assassinatsde cette chambre obtenir des lettres d’exemption , dessauvegardes des empereurs ; encore furent-ellessouvent inutiles. Cette cour de meurtriers ne fut plei-nement dissoute que par Maximilien 1; elle aurait dûl’être dans le sang des juges ; le tribunal des dix àVenise était en comparaison un institut de misé-ricorde.
Que penser de ces horreurs 8c de tant d’autres ? est-ce assez de gémir fur la nature humaine? il y eutdescas où il fallut la venger.
De la dijfèrence des lois politiques b des loisnaturelles.
J’appelle lois naturelles celles que la nature indiquedans tous les temps à tous les hommes , pour lemaintien de cette justice que la nature, quoi qu’onen dise, a gravée dans nos cœurs. Par-tout, le vol,la violence, l’homicide, l’ingratitude envers les parensbienfaiteurs , le parjure commis pour nuire 8c nonpour secourir un innocent, la conspiration contre sapatrie, sont des délits évidens plus ou moins sévère-ment réprimés, mais toujours justement.
J’appelle lois politiques ces lois faites selon le besoinprésent, soit pour affermir la puissance, soit pourprévenir des malheurs.
(*') Voyez l’excellent abrégé de l'hifloire chronologique d’AllemagneS; du droit public, fous l’anné« S o j.