240 Commentaire sur le livre
On craint que l’ennemi ne reçoive des nouvellesd’une ville , on ferme les portes , on defend deréchapper par les remparts fous peine de mort.
On redoute une secte nouvelle qui, fe parant enpublic de son obéissance aux souverains , cabale ensecret pour se soustraire à cette obéissance ; qui prêcheque tous les hommes font égaux, pour les soumettreégalement à ses nouveaux rites ; qui enfin fous pré-texte qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes,8c que la secte dominante est chargée de superstitions8c de cérémonies ridicules , veut détruire ce qui estconsacré par l’Etat ; on statue la peine de mortcontre ceux qui, en dogmatisant publiquement enfaveur de cette secte, peuvent porter le peuple à larévolte.
Deux ambitieux disputent un trône , le plus fortl’emporte, il décerne peine de mort contre les parti-sans du plus faible. Les juges deviennent les instrumensde la vengeance du nouveau souverain, 8c les appuisde son autorité. Quiconque était en relation sousHugues Capet avec Charles de Lorraine risquait d’êtrecondamné à la mort s’il n’était puissant.
Lorsque Richard III, meurtrier de ses deuxneveux, eut été reconnu roi d’Angleterre, le grandJury fit écarteler le chevalier Guillaume Colinburn,coupable d’avoir écrit à un ami ducomte de Richemont ,qui levait alors des troupes , 8c qui régna depuisfous le nom de Henri VII; on trouva deux lignesde fa main qui étaient d’un ridicule grossier : ellessuffirent pour faire périr ce chevalier par un affreuxsupplice. Les histoires font pleines de pareils exemplesde justice.
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