DES DELITS ET DES PEINES. 241
Le droit de représailles est encore une de ces loisreçues des nations. Votre ennemi a fait pendre unde vos braves capitaines qui a tenu quelque tempsdans un petit château ruiné contre une arméeentière ; un de ses capitaines tombe entre vos mains ;c’est un homme vertueux que vous estimez Sc quevous aimez; vous le pendez par représailles. L estla loi, dites-vous ; c’est-à-dire que si votre ennemis’est souillé d’un crime énorme, il faut que vousen commettiez un autre.
Toutes ces lois d’une politique sanguinaire n’ontqu’un temps , Sc l’on voit bien que ce ne font pas devéritables lois puisqu’elles font passagères. Ellesressemblent à la nécessité où l’on s’est trouvé quel-quefois , dans une extrême famine, de manger deshommes. On ne les mange plus dès qu’on a dupain.
Du crime de haute trahison. De Titus Oates de lamort £ Augustin de Thon.
On appelle haute trahison un attentat contre lapatrie ou contre le souverain qui la représente. 11est regardé comme un parricide ; donc on ne doitpas l’étendre jusqu’aux délits qui n’approchent pasdu parricide. Car si vous traitez de haute trahisonun vol dans une maison de l’Etat, une concussion ,ou meme des paroles séditieuses, vous diminuezl’horreur que le crime de haute trahison ou de lese-majesté doit inspirer.
II ne faut pas qu’il y ait rien d’arbitraire dansl’idée qu’on se forme des grands crimes. Si vous
Politique ù Legs. Tom. I. Q