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Tome vingt-neuvieme.
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DES DELITS ET DES PEINES. 2 47

conspiration contre le roi 8c l’Etat doit la révéler auxmagistrats.

Le 22 , le parlement rendit un arrêt par lequel ildéfendait aux jésuites d’enseigner la jeunesse avantd’avoir signé ces quatre articles : mais la cour deRome était alors si puissante , 8c celle de France sifaible , que cet arrêt fut inutile.

Un fait qui mérite d’être observé , c’est que cettemême cour de Rome qui ne voulait pas qu’on révélâtla confession , quand il s’agiffait de la vie des souve-rains , obligeait les confesseurs à dénoncer aux inquisi-teurs ceux que leurs pénitentes accusaient en confessionde les avoir séduites, 8c d'avoir abusé d’elles. PaulIV,Pie IV, Clément VIII, Grégoire XV ordonnèrent cesrévélations. C’était un piège bien embarrassant pourles confesseurs 8c pour les pénitentes. C’était faired’un sacrement un greffe de délations 8c même desacrilèges. Car par les anciens canons , 8c surtout parle concile de Latran tenu sous Innocent III, tout prêtrequi révèle une confession de quelque nature que cepuisse être , doit être interdit 8c condamné à uneprison perpétuelle.

Mais il y a bien pis ; voilà quatre papes aux sei-zième 8c dix-septième siècles , qui ordonnent la révé-lation d’un péché d’impureté, 8c qui ne permettentpas celle d’un parricide. Une femme avoue ou supposedans le sacrement devant un carme qu’un cordelierl’a séduite ; le carme doit dénoncer le cordelier. Unassassin fanatique, croyant servir Dieu en tuant sonprince , vient consulter un confesseur sur ce cas deconscience, le confesseur devient sacrilège s’il fauvela vie à son souverain.

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