248 Commentaire sur le livre
Cette contradiction absurde 8c horrible est. une suitemalheureuse de sopposidon continuelle qui règnedepuis tant de siècles entre les lois ecclésiastiques Scles lois civiles. Le citoyen se trouve pressé dans centoccasions entre le sacrilège Sc le crime de hautetrahison ; Sc les règles du bien Sc du mal font ense-velies dans un chaos dont on ne les a pas encoretirées.
La confession de ses fautes a été autorisée de touttemps chez presque toutes les nations. On s’accusaitdans les mystères d 'Orphée, d 'Isis , de Cérès , deSamotkrace. Les Juifs lésaient l’aveu de leurs'péchésle jour de l’expiation solemnelle , 8c ils font encoredans cet usage. Un pénitent choisit son confesseurqui devient son pénitent à son tour , Sc chacun l’unaprès l’autre reçoit de son compagnon trente-neufcoups de fouet pendant qu’il récite trois fois laformule de confession qui ne consiste qu’en treizemots , Sc qui par conséquent n’articule rien departiculier.
Aucune de ces confessions n’entra jamais dans lesdétails , aucune ne servit de prétexte à ces consulta-tions secrètes que des pénitens fanatiques ont faitesquelquefois pour avoir droit de pécher impunément,méthode pernicieuse qui corrompt une institutionsalutaire. La confession qui était le plus grand freindes crimes est souvent devenue , dans des temps deséduction Sc de trouble , un encouragement au crimemême ; Sc c’est probablement pour toutes ces raisonsque tant de sociétés chrétiennes ont aboli une pratiquesainte qui leur a paru aussi dangereuse qu utile.