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Tome vingt-neuvieme.
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2 62 Commentaire sur le livre

n’esl condamné par défaut qu’au cas que la dettesoit averée ; mais s’il est question de fa vie , on peutle condamner par défaut quand le crime n’est pasconstaté. Ouoi donc ! la loi aurait fait plus de casde l’argent que de la vie? O juges ! consultez le pieuxAntonin Sc le bon Trajan; ils défendent que les abfenssoient ( r ) condamnés.

Quoi ! votre loi permet qu’un concussionnaire, unbanqueroutier frauduleux ait recours au ministèred’un avocat , 8c très-fouvent un homme d'honneurest privé de ce secours! S’il peut fe trouver une feuleoccasion où un innocent serait justifié par le ministèred’un avocat, n’est-il pas clair que la loi qui l’en priveest injuste ?

Le premier président de Lamoignon disait contrecette loi , que ,, l’avocat ou conseil qu’on avaitj j accoutumé de donner aux accules n’est point uns 5 privilège accordé par les ordonnances ni par les55 lois ; c’est une liberté acquise par le droit naturel,55 qui est plus ancien que toutes les lois humaines.55 La nature enseigne à tout homme qu’il doit avoir55 recours aux lumières des autres quand il n’en a55 pas affez pour fe conduire, 8c emprunter du secours55 quand il ne fe sent pas allez fort pour fe défendre.55 Nos ordonnances ont retranché aux accusés tant55 d’avantages , qu’il est bien juste de leur conserver55 ce qui leur reste , 8c principalement l’avocat qui55 en fait la partie la plus eífentielle. Que si l’on veut55 comparer notre procédure à celle des Romains 8c55 des autres nations , on trouvera qu’il n’y en a

1 r / Digeste , loi I, titre de absentibus , S; 1. 5 , lit. de f-gnis.