DU MEURTRE. 2 / 7
de glèbe, pour environ trente francs de notre mon-naie. La vie de ces hommes, rios semblables, n’étaitpas plus chère dans l’ancien gouvernement féodal.
Je ne propose pas fans doute l’encouragement dumeurtre, mais le moyen de le punir fans un meurtrenouveau. Le moyen de venger la famille est depardonner. En Turquie, lorfqu’un meurtrier estcondamné à perdre la vie , il est libre à l’héritierdu mort de lui faire grâce ; à st f ancienne loi queles Turcs ont apportée des bords de la mer d’Hir-canie. C’était la loi de tous les anciens peuples dela Scythie. (b)
Peuples, qui en cultivant les hautes sciences &les arts aimables , avez conservé des lois plus qu’iro-quoifes , songez que des philosophes scythes firentautrefois rougir les Grecs !
(£) Une société qui a composé trois volumes pleins d’une éruditionutile fur l’esprit des lois , a fait usage d’uu passage curieux des voyagesde Chardin , que je trouve au second volume de l’edition cn deux colonnes2n-4 0 . 1711, page 29 7 ; le voici : », Quand j’arrivai en Perse, je pris les», Persans pour des barbares, voyant qu’ils ne procédaient pas mèthodi-», quement comme nous. J’étais surpris qu’ils n’eussent point comme nous,, de prisons publiques, point d’exécnteur public, point d’ordre ni de», méthode. Je pensais que c’était faute d’ètre ausii policés que nous le», sommes... . mais après avoir passé quinze ans dans l’Orient, j’ai vu,, que c’était parce que les crimes n’arrivaient pas fréquemment. . . . On,, n’eutend presque jamais parler d’enfoncer les maisons, d'y égorger le», monde; on ne fait ce que c'elì qu’assaíïinat, que rencontre, que», poison. . . Dans tout le temps que j’ai été cn Perse je n’ai vu exécuter,» qu’un seul homme. »>
Ensuite Chardin raconte comment le juge exhorte la famille d’un mort àcomposer avec le meurtrier; mais il raconte aussi comment ces ivrognesde sophis s’abandonnent aux plus incroyables barbaries. La Perse , depuisChardin , n’est qu’un théâtre des plus incroyables assassinats. La guerrecivile a tout saccagé pendant soixante années. (Pess presque le temps deCharles IX en France , 8c de Charles I en Angleterre , si pourtant quelquechose a pu approcher de nos guerres religieuses.
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