2 82 Du SUICIDE.
La république se passera très-bien cle moi aprèsma mort, comme elle s’en est passée avant ma nais-sance. Je suis mécontent de ma maison, j’en sors,au hasard de n'en pas trouver une meilleure. Maisvous ! quelle est votre folie de me pendre par lespieds quand je ne fuis plus? 8c quel est votre bri-gandage de voler mes enfans? (5)
ARTICLE VI.
* Des mères infanticides.
8l j'ai trop excusé ceux qui se tuent, je trembled’excuser trop de mères qui exposent leurs enfans,8c surtout des filles victimes malheureuses de l’amour8c de l’honneur ou plutôt de la honte,
On a vanté 8c mis en vigueur le célébré édit duroi de France Henri II, qui ordonne qu’on punissede mort toute femme ou fille qui, ayant célé fagrossesse, accouche d’un enfant trouvé mort fansavoir été baptisé. (6)
( 5 ) Le suicide peut être, dans certains cas, une faute contre Umorale ; mais il ne peut jamais devenir un délit. II n’offense directement niles droits d’un autre homme ni ceux de la société. La peine infligée pourle suicide ne peut ni prévenir le crime ni le réparer : elle ne tombe pointsur Je coupable. Des moeurs féroces, une vile superstition ont inspiré ànos grossiers aïeux Vidée de ces farces barbares, 8 c. l’avarice y a joint laconfiscation. Cette loi est presque tombée en désuétude en France. Si onî’exécute encore quelquefois pour contenter les sots 8 c amuser la populace ,c’est contre des malheureux dont la famille trop pauvre ou trop obscure nemérite pas que son honneur soit compté pour quelque chose.
( 8 ) Cette loi est du cardinal Bertrand chancelier sous Henri 11. Forcertme fille à déclarer à un juge 'ce qu’on appelle fa honte, la punir du