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Tome vingt-neuvieme.
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SUR L ESPRIT DES LOIS. Z 6Z

tous les devoirs, la crainte de la vertu du prince, l’efpé-rance de ses faiblesses, Sc plus que tout cela , le ridiculeperpétuel jeté fur la vertu , font, je crois, le caractère dela plupart des courtisans, marqué dans tous les lieux Scdans tous les temps.. Or, il est très-mal-aifé que les princi-paux d’un Etat soient malhonnêtes gens , & que les inférieurs

soient gens de bien.que si dans le peuple il fe trouve

quelque malheureux honnête homme , le cardinal deRichelieu , dans son testament politique - insinue qu'u nmonarque doit fe garder de s'en servir, tant il est vrai quela vertu n’est pas le ressort du gouvernement monar-chique. (4)

C’est une chose assez singulière que ces ancienslieux-communs contre les princes Sc leurs courtisanssoient toujours reçus deux avec complaisance,comme de petits chiens qui jappent Sc qui amu-sent. La première scène du cinquième acte du Pas-tor fido , contient la plus éloquente Sc la plus tou-chante satire qu’on ait jamais laite des cours ; ellefut. très-accueillie par Philippe //, Sc par tous les prin-ces qui virent ce chef-d’œuvre de la pastorale.

II en est de ces déclamations comme de la satiredes femmes de Boileau ; elle n’empêchait pas qu’iln’y eût des femmes très-honnêtes Sc très-respecta-bles. De même, quelque mal que l’on dît de la courde Louis XIV, ces invectives 11’empêchèrent pas quedans les temps de ses plus grands revers , ceux quiavaient part à fa confiance , les Beauvillers , les "Torcy,les Villars, les Villeroy, les Pontchartrain , les Chamil-lart , ne fussent les hommes les plus vertueux de

(4) 11 aurait fallu examiner íi cn général les sénateurs, dans unearistocratie puistàiite, sont plus honnêtes gens que les courtisans d’unmonarque.