SUR l’ esprit des lois. 377
XXV.
Par la loi de Bantam le roi prend toute la succession,même la femme Sc les enfans.
Pourquoi ce bon roi de Bantam attcnd-i! la mortdu chef de famille? Si tout lui appartient, que neprend-il le père 8c la mère.
Eít-il possible qu’un homme sérieux daigne nousparler íi souvent des lois de Bantam , de Macassar,de Bornéo , d’Achem ; qu’il répète tant de contes devoyageurs, ou plutôt d’hommes écrans , qui ontdébité tant de fables , qui ont pris tant d’abus pourdes lois, qui, fans sortir du comptoir d’un marchandhollandais, ont pénétré dans les palais de tant deprinces de TAfic ?
XXVI.
C’est un usage reçu dans les pays despotiques, que l’onn’aborde qui que ce soit au-dessus de soi sans lui faire unprésent, pas même les rois. L’empereur du Mogol nereçoit point les requêtes de ses sujets qu’il n’en ait reçuquelque chose. Ces princes vont jusqu’à corrompre leurspropres grâces, (pag. 74 .)
Je crois que cette coutume était établie chez lesrégules lombards , ostrogoths , visigoths , bourgui-gnons, francs. Mais comment lésaient les pauvresqui demandaient justice ? Les rois de Pologne ontcontinué jufqu’à nos jours à recevoir des présenscertains jours de l'année. Joinville convient queS‘ Louis en recevait tout comme un autre. II lui ditun jour avec fa naïveté ordinaire , au sortir d’unelongue audience particulière que le roi avait accordée