378 Commentaire
à l’abbé de Cluny : JV'e/l-il pas vrai, Sire, que les deuxbeaux chevaux que ce moine vous a donnés, ont un peu pro-longé la conversation ?
XXVII.
La vénalité des charges est bonne dans un Etat monar-chique , parce qu’elle fait faire comme un métier de famillece qu’on ne voudrait pas entreprendre pour la vertu. (6 )(P a g- 79 -)
La fonction divine de rendre justice, de disposerde la fortune 8c de la vie des hommes , un métier defamille ! De quelles raisons l’ingénieux auteur fou-tient-il une thèse si indigne de lui ? Voici comme ils’explique : Platon ne peut souffrir celte vénalité ; cejl ,dit-il, comme fi dans un navire on fejait quelqu'un pilotepour son argent. Mais Platon parle dune république fondéefur la vertu, ò nous parlons d'une monarchie, (page 79.)
Une monarchie, selon Montesquieu, n'est donc fon-dée que fur des vices? Mais pourquoi la France est-elle la feule monarchie de l’univers qui soit souilléede cet opprobre de la vénalité passée en loi de l’Etat?Pourquoi cet étrange abus ne fut-il introduit qu’aubout de onze cents années ? On fait assez que cemonstre naquit d'un roi alors indigent Sc prodigue,8c de la vanité de quelques citoyens, dont les pèresavaient amassé de l’argent. On a toujours attaquécet abus par des cris impuissans , parce qu’il eût
( 6 fEst-ce par vertu que l’on accepte en Angleterre la charge de jugedu banc du roi ; qu’on sollicitait á Rome la place de préteur ? Quoi !on ne trouverait point de conseillers pour juger dans les parlemens deFrance, si on leur donnait les charges gratuitement?