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point qu’ils aient eu l’absurdité austì ridicule quebarbare de tuer des hommes 8c des enfans pour desmoineaux. C’est un jugement de moeurs , ditMontesquieu; (8) quelles mœurs? quoi donc ! n’y a-t-ilpas une dureté de mœurs plus horrible à tuer votrecompatriote, qu’à tordre le cou à un moineau ouà lui crever l’ceil ?
Vous me parlez fans cesse de monarchie sondéesur l’honneur, 8c de république fondée sur la vertu.Je vous dis hardiment qu’il y a dans tous les gou-vernemens de la vertu 8c de l’honneur.
Je vous dis que la vertu n’a eu nulle part àrétablissement ni d’Athènes , ni <je Rome , fti deSaint-Marin , ni deRaguse, ni de Genève. On se meten république quand on le peut. Alors l’ambition,la vanité , l’intérêt de chaque citoyen veille furl’intérêt, la vanité, l’ambition de son voisin. Chacunobéit volontiers aux lois pour lesquelles il a donnéson suffrage. On aime l’état dont on est seigneurpour un cent millième, si la république a cent millebourgeois. II n’y a là aucune vertu. Quand Genèvesecoua le joug de son comte Sc de son évêque , lavertu ne se mêla point de cette aventure. Si Raguíeest libre, qu’elle n’en rende point grâce à la vertu ,mais à vingt-cinq mille écus d’or qu’elle paye tousles ans à la Porte ottomane. Que Saint-Marin
( 8 ) Une république fondée fur les mœurs, où l'on punit de mort arbi-trairement des actions qui indiquent des dispositions à la cruauté ! Ne voit-oupas plutôt dans ces jugemens l’emportement d’un peuple sauvage Sc barbare,mais qui commence à saisir quelques idées d’humanite? N’est-il pas encoreplus vraisemblable que ce sont des contes, comme tant d’autres jugemenscélèbres, depuis celui de l'aréopage , en faveur de Minarvi , jusqu'à ceuxde Sancko-Pança dans son île.