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Tome vingt-neuvieme.
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SUR L’ESPRIT DES LOIS. 3 8 J

Europe vivait de gland dans ses forêts ; les ordon-nances de tant d’empercurs , qui font des exhorta-tions à la vertu ; des pièces de théâtre même quil’enseignent, 8c dont les héros se dévouent à la mortpour sauver la vie à un orphelin; tant de chefs-d’œuvre de morale traduits en notre langue ; toutcela n’a point été fait à coups de bâton. L’auteurs’imaginc, ou veut faire croire qu’il n'y a dans laChine qu’un despote , 8c cent cinquante millionsd’esclaves, qu’on gouverne comme des animaux debaffe-cour. II oublie ce grand nombre de tribunauxsubordonnés les uns aux autres ; il oublie que quandl’empereur Cam-hi voulut faire obtenir aux jésuitesla permission d’enseignerleur christianisme, il dressalui-même leur requête à un tribunal.

Je crois bien qu’il y a dans ce pays si singulierdes préjugés ridicules, des jalousies de courtisans,des jalousies de corps , des jalousies de marchands,des jalousies d’auteurs, des cabales, des friponneries,des méchancetés de toute espèce, comme ailleurs ;mais nous ne pouvons en connaître les détails. IIest à croire que les lois des Chinois font assez bonnes,puisqu’elles ont été toujours adoptées par leursvainqueurs, 8c qu’elles ont duré si long - temps.Si Montesquieu veut nous persuader que les monar-chies de l’Europe établies par des Goths,des Gépides8c des Alains , font fondées fur l’honneur, pourquoiveut-il ôter l’honneur à la Chine?

XXXV.

Dans des villes grecques, l’amour n’avait qu’une formeque l’on n’ose dire. Et en note il cite Plutarque , auquel

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