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X L V.
Un ancien usage des Romains défendait de faire mourirdes filles non nubiles. Tibère trouva l’expédient de lesfaire violer par le bourreau avant de les envoyer ausupplice. Tyran subtil & cruel, il détruisait les mœurspour conserver les coutumes, (pag. 222 .)
Ce passage demande, ce me semble, une grandeattention. Tibère, homme méchant, se plaignit ausénat de Séjan homme plus méchant que lui , parune lettre artificieuse 8c obscure. Cette lettre n’étaitpoint d’un souverain qui ordonnait aux magistratsde faire selon les lois le procès à un coupable ; ellesemblait écrite par un ami , qui déposait ses dou-leurs dans le sein de ses amis. A peine détaillait-illa perfidie 8c les crimes de Séjan. Plus il paraissaitaffligé, plus il rendait Séjan odieux. C’était livrerà la vengeance publique le second personnage del’empire, 8c le plus détesté. Dès qu'on fut dans Romeque cet homme si puissant déplaisait au maître, leconsul , le préteur, le sénat , le peuple se jetèrentsur lui comme une victime qu’on leur abandonnait.11 n’y eut nulle forme de jugement ; on le traîna enprison, on l’exécuta; il fut déchiré par mille mains ,lui, fes amis 8c ses parens. Tibère réordonna pointqu’on fit mourir la fille de ce malheureux , âgée desept ans, malgré la loi qui défendait cette barbarie ;il était trop habile 8c trop réservé pour ordonnerun tel supplice, 8c surtout pour autoriser le viold’un bourreau. Tacite 8c Suétone rapportent l’un 8c1 autre au bout de cent ans cette action exécrable ;mais ils ne disent point qu’elle ait été commise, ou