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Tome vingt-neuvieme.
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SUR L ESPRIT DES LOIS. 397

par la permiíïìon de l’empereur, ou par celle dusénat, (b) De même que ce ne fut point avec lapermission du roi que la populace de Paris mangeale cœur du maréchal d 'Ancre. II est bien étrangequ’on dise que Tibère détruisit les mœurs pourconserver les coutumes. II semblerait qu’un empe-reur eût introduit la coutume nouvelle de violerles enfans, par respect pour la coutume ancienne,de ne les pas faire pendre avant l'âge de puberté.

Cette aventure du bourreau Sc de la fille de Séjanm’a toujours paru bien suspecte , toutes les anec-dotes le font ; 8c j’ai même douté de quelquesimputations qu’on fait encore tous les jours kTibère,comme de ces jpintriœ dont on parle tant , de cesdébauches honteuses 8c dégoûtantes , qui ne fontjamais que les excès d’une jeunesse emportée , Scqu’un empereur de soixante 8c dix ans cacherait atous les yeux avec le même foin qu’une vestalecachait ses parties naturelles dans une procession.Je n’ai jamais cru qu’un homme auffi adroit queTibère , aussi dissimulé , 8c d’un esprit aussi profond ,eût voulu s’avilir à ce point devant tous ses domes-tiques , ses soldats, ses esclaves , 8c surtout devantses autres esclaves les courtisans. II y a des chosesde bienséance jusque dans les plus indignes volup-tés. Et de plus, je pense que pour un tyran , succes-seur du discret tyran de Rome, ç’eût été le moyeninfaillible de se faire assaffiner.

( b ) Tradunt tciuporis hvjus tntêlores* C’esl un bruit vague qui se répanditdans le 1 temps. Quiconque a vécu a entendu des faussetés plus odieuses ,répétées vingt ans entiers par le public.