SUR l’esprit des lois. 419
>î gens à vos plaisirs, 8c les vieillards à vos délibé—j j rations 8cc. ,,
Cette lettre était d’un père qui donne des leçons àson fils. Elle fait voir tout l’ascendant que la répu-tation prenait sur la puissance. La grâce fit le reste ;Sc bientôt après, Clovis ie fit non-seulement chrétien,mais orthodoxe.
Le jésuite Daniel embellit son histoire en supposantqu’il fit une harangue à ses soldats pour les engager àse faire chrétiens comme lui, Sc qu’ils crièrent tousde concert : JVons renonçons aux dieux mortels, ò nous nevoulons plus adorer que immortel. Nous ne reconnaissonsplus d'autre Dieu que celui que le saint évêque Rémi nousprêche.
II n'est pas vraisemblable que toute une arméeait répondu à son roi par une antithèse, 8c par unelongue phrase étudiée. Daniel aurait dû songer queles Francs de Clovis croyaient leurs dieux immortels,tout comme les jésuites croyaient ou feignaient dccroire à simmortalité de leur François Xavier Sc de leurIgnace de Loyola.
II est triste que Clovis étant à peine catéchumènefit tuer Siagrius, que les Visigoths lui avaient remisentre les mains. 11 est encore plus triste qu'avant étébaptisé long-temps après, il séduisit un prince francde ses parens, nomm é Sigebert, Sc marchanda avec luiun parricide. Sigebert assassina son père qui régnaitdans Cologne; Sc Clovis, au lieu de payer l’argentpromis, l’assastina lui-même, Sc se rendit maître de laville. 11 traita de même un autre prince nomméKararic.
11 y avait un autre franc, nommé Ranacaire, qui
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