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Tome vingt-neuvieme.
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des Ephemerides. 45 ì

avait le malheur de manger tranquillement son painà l’ombre de son figuier , tout le monde deviendraitmonopoleur. Les discours véhémens de cet hommed’Etat ébranlèrent les organes intellectuels de mescamarades ; mais mon bon-homme, qui avait tantd’envie de voir le roi, resta ferme. Je crains lesmonopoleurs , dit-il , autant que les procureurs ;mais je crains encore plus la gêne horrible fouslaquelle nous gémissions , 8c de deux maux il fautéviter le pire.

Je ne fuis jamais entré dans le conseil du roi ;mais je m’imagine que lorsqu’on pesait devant luiles avantages 8c les dangers d’acheter son pain à safantaisie , il se mit à sourire, 8c dit :

,, Le bon Dieu m’a fait roi de France, 8c ne m’a,, pas fait grand-panetier ; je veux être le protecteur,, de ma nation 8c non son oppresseur réglementaire.,, Je pense que quand les sept vaches maigres eurent,, dévoré les sept vaches grasses, 8c que l’Egypte,, éprouva la disette, fi Pharaon ou le pharaon avaitj j eu le sens commun, il aurait permis à son peuple,, d’aller acheter du blé à Babylone 8c à Damas ;

> j s’il avait eu un cœur il aurait ouvert ses greniersgratis, sauf à se faire rembourser au bout dej) sept ans que devait durer la famine. Mais forcerj> ses sujets à lui vendre leurs terres, leurs bestiaux,

» s leurs marmites, leur liberté, leurs personnes,») me paraît faction la plus folle, la plus imprati-cable, la plus tyrannique. Sij’avais un contrôleur-ìì général qui me proposât un tel marché, je crois ,*) Dieu me pardonne, que je renverrais à fa maison.

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