DE F R A N C H E-C O M T É. 495
On va demander comment des sujets si nombreuxn’ont pas réclamé contre cet abus ? La réponse estsimple : les tribunaux du pays s’opposaient, par leursjugemens , aux efforts inutiles de ces victimes, enve-loppées d’arrêts que les jurisconsultes interprétaient& justifiaient dans le barreau. Ces malheureux n’enont pas vu la possibilité. Ajoutons l’ignorance où leurétat les retient , 8 c les chaînes que les casuistes (carla main-morte a les siens ainsi que ses jurisconsultes)imposent encore aux consciences. Mais si des jugesavaient dit : ,, Nous ne prononcerons plus que nosn frères font des esclaves tels que ceux des Romains ,55 des czars 8 c de quelques princes teutsek ; nous55 informerons notre roi bien-aimé, dont nous sommes55 les bien-aimés sujets , qu’il existe dans ses Etats un55 vieux livre, dont un seul feuillet fait le malheur55 de trois cents mille de ses sujets les plus utiles, en55 les réléguant dans la classe du bétail qu’ils nour-55 rissent , des champs qu’ils cultivent, 8 c un peu55 au-dessous des nègres; nous lui dirons que cet55 avilissement 8 c les gênes que ce détestable feuillet55 répand fur eux 8 c autour d’eux, étouffent à la fois55 leur cœur, leur industrie 8 cleur postérité. 55 Si aprèscet exposé ils eussent dit : 55 Nous vous demandons5 5 pardon , Sire, de ne vous avoir pas dénoncé plutôt5 ) cette exécration ; l’habitude de la voir nous a long-55 temps empêché de la voir. 55 Cette démarche eûtfans doute étouffé la main-morte , 8c en eût étéle terme.
II serait possible de laisser subsister le droit de retourdes fonds aux seigneurs à l’extinction des familles,de laisser des lods 8c ventes 8c autres droits semblables.