REMONTRANCES
DU PAYS DE GEX
A U R O E d)
SIRE,
Vos provinces n’ont-elles pas la permission des’adresser directement à votre majesté, 8c de lui pré-senter leurs très-humbles actions de grâce, lorsquevous étendez vos bienfaits fur elles comme fur lacapitale? Si elles ont ce privilège , daignez nousentendre.
La raison, qui commence son règne avec le votre,semble aujourd’hui mettre entre tous les souverainsde l’Europe une émulation inouïe jusqu’à nos jours.
( i ) M. de Voltaire avait remarqué , dès les premières années de sonétablisiement.à Ferney , que l’administration des fermes était ruineuse pourle pays de Gex. sépare de la France par une chaîne de montagnes : par unefuite de cette position les salaires des employés nécessaires pour empêcherla fraude, excédaient de beaucoup le produit des droits, 8c la facilité de s’ysoustraire multipliait les vexations , les amendes 8c les supplices. II pria vers1763, M. de jVlon/ignidel’académiedessciences, cousin germain de madameDenis , de s’unir à lui pour obtenir du gouvernement que ces droits fussentremplacés par un impôt simple 8: facile à lever. Tous deux suivirent ceprojet avec constance sous les difíérens ministres qui se succédèrent dans ledépartement des finances , ils l'obtinrent enfin, après douze ans dc solli-citations , fous le ministèredcM. ! ïurgot , en I 775.
M. de Voltaire écrivait : Enfin je pourrai dire en mourant,
Et mes derniers regards ont vu fuir les commis.
Ils