Band 
Tome trente-septieme.
Seite
93
JPEG-Download
 

Adultéré.

93

un vol : mais on ne vole point ce qu’on vous donne.Un mari priait souvent un jeune homme beau, bienfait 8c vigoureux de vouloir bien faire un enfant à safemme. Plutarque nous a conservé dans son vieux stylela chanson que chantaient les Lacédémoniens quandAcrotatus allait se coucher avec la femme de son ami.

Allez, gentil Acrotatus, besognez bien Kélidonide,Donnez de braves citoyens à Sparte.

Les Lacédémoniens avaient donc raison de dire quel’adultère était impossible parmi eux.

11 n’en est pas ainsi chez nos nations dont toutesles lois font fondées fur le tien 8c le mien.

Un des grands désagrémcns de l'adultère cheznous, c est que la dame se moque quelquefois de sonmari avec son amant; le mari s’en doute : 8c on n’aimepoint à être tourné en ridicule. II est arrivé dans labourgeoisie que souvent la femme a volé son maripour donner à son amant ; les querelles de ménagefont poussées à des excès cruels : elles font heureusementpeu connues dans la bonne compagnie.

Le plus grand tort, le plus grand niai est de donnerà un pauvre homme des enfans qui ne font pas à lui,8c de le charger d’un fardeau qu il ne doit pas porter.On a vu par-là des races de héros entièrement abâtar-dies. Les femmes des AJiolphes Sc des Jocondes, par ungoût dépravé , par la faiblesse clu moment, ont faitdes enfans avec un nain contrefait, avec un petit valetfans cœur 8c fans esprit. Les corps 8c les âmes s’en fontressenties. De petits singes ont été les héritiers des plusgrands noms dans quelques pays de l’Europe. Ils ontdans leur première salle les portraits de leurs prétendus