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Tome trente-septieme.
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Ame. 189

dans tout le corps, 8c Nom était dans la tête. II n’ya point eu d’autre philosophie dans nos écoles jus-qu’à nos jours ; 8c malheur à tout homme qui auraitpris une de ces âmes pour l’autre.

Dans ce chaos d’idées il y avait pourtant un fonde-ment. Les hommes s’étaient bien aperçu que dansleurs pallions d’amour , de colère , de crainte , ils’excitait des mouvemens dans leurs entrailles. Lefoie 8c le cœur furent le siège des passions. Lorfqu’onpense profondément , on sent une contention dansles organes de la tête. Donc famé intellectuelle estdans le cerveau. Sans respiration point de végétation ,point de vie; donc famé végétative est dans la poi-trine qui reçoit le souffle de l’air.

Lorsque les hommes virent en songe leurs parensou leurs amis morts , il fallut bien chercher ce quileur était apparu. Ce n’était pas le corps qui avaitété consumé sur un bûcher, ou englouti dans la mer,8c mangé des poissons.C’étaitpourtant quelque chose,à ce qu’ils prétendaient ; car ils lavaient vu ; le mortavait parlé ; le songeur l’avait interrogé. Etait-cepsyché ? était-ce pneuma ? était-ce nom avec qui on avaitconversé en songe ? On imagina un fantôme , unefigure légère: c étai t skia, c éimt daimonos , une ombre,des manès, une petite ame d’air 8c de feu extrême-ment déliée qui errait je ne fais où.

Dans la fuite des temps , quand on voulut appro-fondir la chose , il demeura pour constant que cetteame était corporelle; 8c toute f antiquité n’en eut pointd’autre idée. Enfin Platon vint qui subtilisa tellementcette ame , qu’on douta s’il ne la séparait pas entière-ment de la matière ; mais ce fut un problème qui ne