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Tome trente-septieme.
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19 8 Ame.

imaginer quel’ame est mortelle de sa nature, 8c qu’ellen’est éternelle que par la pure volonté de Dieu? Parmon expérience, dit l’autre. —Comment! est-ce quevous êtes mort? — Oui; fort souvent. Je tombais enépilepsie dans ma jeunesse, 8c je vous assure que j’étaisparfaitement mort pendant plusieurs heures. Nullesensation , nul souvenir même du moment où j’étaistombé. II m’arrive à présent la même chose presquetoutes les nuits. Je ne sens jamais précisément lemoment où je m’endors; mon sommeil est absolumentsans rêves. Je ne peux imaginer que par conjecturescombien de temps j’ai dormi. Je fuis mort régulière-ment six heures envingt-quatre. C’estle quart de ma vie.

L’orthodoxe alors lui soutint qu’il pensait toujourspendant son sommeil sans qu’il en. fût rien. L’hétéro-doxe lui répondit : Je crois par la révélation que jepenserai toujours dans l’autre vie; mais je vous assureque je pense rarement dans celle-ci.

L’orthodoxe ne se trompait pas en assurant l’immor-talité de l’ame ; puisque la foi 8c la raison démontrentcette vérité ; mais il pouvait se tromper en assurantqu’un homme endormi pense toujours.

Locke avouait franchement qu’il ne pensait pas tou-jours quand il dormait : un autre philosophe a dit: Lepropre de V homme ejl de penser; mais ce ne/l pas Jon essence.

Laissons à chaque homme la liberté 8c la consola-tion de se chercher soi - même, 8c de se perdre dansses idées.

C cpendant il est bon de savoir qu’en 1730 un phi-losophe ( *) essuya une persécution assez forte pour avoir

( * ) M. de Voltaire.